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A la une / Enquête

Situation de l’habitat à alger

Des conditions de vie lamentables et dangereuses


Une enquête menée par des experts révèle que des habitations ne disposent pas de salle de bains ou de cuisine.

Les travaux de réalisation du programme de 5 000 logements cofinancé par l’Algérie et la Banque mondiale seront lancés dès le premier trimestre 2005. Le projet en question a pour principal objectif de réduire la vulnérabilité des zones urbaines d’Alger. Ce sont des actions à entreprendre à moyen terme. La décision a été prise, rappelle-t-on, suite aux intempéries qui ont ravagé plusieurs contrées du pays dont Bab El-Oued. Outre le relogement de quelque 2 000 familles, l’État a inscrit cet autre programme. Pour cela, la direction du projet a effectué 3 grandes études. La première est une étude veille et d’alerte et la seconde a trait à la compréhension au mieux des évènements vécus le 10 novembre 2001. La troisième concerne une étude sur la vulnérabilité du massif de Bouzaréah et hors Bouzaréah.
8 maîtres d’ouvrage sont mobilisés pour cette action qui touchera environ 13 communes. Il s’agit de remplacer les immeubles vulnérables face aux catastrophes naturelles en transférant les habitants. Des expertises ont été réalisées sur ces bâtiments. Parallèlement à cela, des enquêtes socioéconomiques ont été, en outre, menées par une dizaine de spécialistes dont des sociologues, environnementalistes et informaticiens sur des ménages en collaboration avec l’agence Urbanis. La mission confiée à cette équipe est de recenser l’ensemble du bâti vulnérable, y compris les familles qui y habitent. Il sera tenu compte de l’état des habitations, des conditions d’habitabilité et de vie des résidants, la surface occupée, le nombre de personnes, les pièces… À titre d’exemple, sur le massif de Bouzaréah, il est constaté l’existence de l’habitat précaire (HP) sur un sol vulnérable. Le but recherché à travers ce programme est d’améliorer davantage les conditions de vie des citoyens. Les 5 000 logements prévus seront affectés aux personnes occupant des logements les plus vulnérables des vulnérables qui sont destinés à la démolition. Autrement dit, les appartements dont le coût de réhabilitation dépasse de loin celui de leur construction.

Plus de 26 000 logements vulnérables à Alger
Il a été recensé ainsi quelque 26 000 logements à degrés de vulnérabilité variables. L’enquête a ciblé 6 327 constructions qui résument en fait la population ciblée. Sur le total des habitations recensées, 3 446 sont des immeubles qui menacent ruine (IMR) et 2 881 constituent l’habitat précaire (HP). Parmi les IMR recensés, 21,3% des populations résident à Bab El-Oued. C’est l’une des conséquences des inondations du 10 novembre 2001. Pour le HP, 42,8% des populations ayant fait l’objet d’enquêtes habitent le site du Grand Rocher, dans la commune de Aïn Benian. C’est le site le plus dense en termes de baraques et de population. Vient ensuite la commune de Bouzaréah avec 19,3% de la population ayant fait l’objet d’enquêtes. Les IMR sont généralement observés dans les communes de Bab El-Oued, Alger-Centre, Raïs Hamidou, Bologhine, Hammamet, El-Biar et Bouzaréah… Les mêmes communes ont sur leurs territoires respectifs le HP, sauf Bab El-Oued, car les bidonvilles sont, soit absorbés par les eaux, soit leurs occupants ont été relogés. à travers chaque commune, les enquêteurs ont choisi un site précis suivant la vulnérabilité physique et le degré d’exposition aux risques naturels des terrains sur lesquels sont édifiées les habitations. Dans leur travail, les enquêteurs ont pris comme référence les rapports des expertises du CTC qui ont classé ces constructions orange 3, orange 4 et rouge. Par ailleurs, l’enquête a révélé que sur les quelque 3 000 IMR, 76% ne disposent pas de salle de bains. Les communes d’El-Mouradia, d’El-Madania et de Bab El-Oued sont les plus sous-équipées. Pis, 13% des communes d’El-Madania, Raïs Hamidou et Hammamet n’ont pas de cuisine. Plus de 86% des habitations formant l’habitat précaire n’ont pas de salle de bains dans les communes de Bologhine, Sidi M’hamed, Bouzaréah et Aïn Benian. Le taux de raccordement au réseau d’assainissement, indique encore l’enquête, est de 0,7% dans le HP. Le surpeuplement des logements a conduit les habitants à squatter les parties communes des constructions collectives, à savoir les terrasses et les caves. Ainsi, sur les 249 terrasses recensées à travers l’enquête, 87 ont été transformées en logements. Sur les 156 caves examinées, 27 ont été modifiées et reconstruites en logements. La structure du parc logement montre que les IMR sont constitués à 77,3% par l’habitat collectif.  Les communes de Bab El-Oued, d’Alger-Centre et de Sidi M’hamed présentent, selon les résultats de l’enquête, plus de constructions dégradées que les autres. Ce sont les quartiers les plus anciens et les plus vulnérables de la zone d’étude des enquêteurs. L’enquête a, de ce fait, permis d’identifier les différents ménages à reloger suivant un certain nombre de critères dont la taille des familles, l’activité, les revenus, ancienneté dans le quartier… Ces variables permettront ensuite d’établir un plan de relogement qui a pour fondement l’étude au cas par cas et par degré de priorité. Les conclusions de l’enquête indiquent également que dans la zone d’intervention, le nombre de logements dans les IMR est plus important que celui du HP. La typologie du logement la plus répandue dans l’ensemble des communes est le F1 et le F2. Le taux d’occupation par logement (TOL) dans les IMR est estimé à 6,09 alors qu’il est de 5,59 dans le HP. Bien que ce taux soit en deçà du taux moyen de la wilaya (6,8 selon le Rgph 1998), il n’en demeure pas moins que les conditions d’habitation sont difficiles. Ce constat est conforté par le taux d’occupation par pièce (TOP) qui dépasse, en effet, le seuil tolérable aussi bien dans les IMR (3,04) que le HP (3,39).

Les sites des 5 000 logements identifiés
Les quelque 5 000 logements inscrits au programme seront répartis sur 8 sites, à savoir Sidi Youcef à Beni Messous (250 logements), Hammamet à Aïn Benian (400 logements), Benhadadi à Beni Messous (800 logements), Belle-Vue à Aïn Benian (1 000 logements), Djenane El-Louz à Aïn Benian (600 logements), Saoula (150 logements), Aïn Malha à Gué de Constantine (700 logements) et Draria (1 600 logements)
La population réside dans ces IMR depuis plus de 20 ans. La majorité de ces habitants n’a pas déménagé.

B. K.