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A la une / Environnement

Parc des Grands Vents

Cafouillages à tout-va

© D. R.

Au regard de l’opacité et des nombreux cafouillages qui entourent cette opération, il semble que le consensus en haut lieu, déjà fragile au début, n’est plus de mise. D’autant que les urgences qui se posent au pays dans cette conjoncture sont bien plus importantes que la relance de ces méga-constructions.

à l’origine, le parc des Grands Vents s’inscrivait parfaitement dans l’idée développée à travers le monde pour créer des parcs nationaux et des réserves naturelles pour atténuer les impacts et les effets nocifs d’une industrialisation et d’une urbanisation croissantes. Elle a été mise en pratique dès le 19e siècle en Europe et en Amérique du Nord. C’est une réponse à la dégradation de la qualité de l’air, la déforestation, l’avancée du béton... Elle offre une opportunité pour la construction d’une relation entre l’urbain et la nature et est un lieu privilégié pour l’éducation et la sensibilisation à la problématique de l’écologie et du développement durable. De par le monde, les parcs nationaux sont détenus et gérés par des agences gouvernementales, des fondations ou des associations qui activent dans le domaine de la protection de l’environnement, de la faune et de la flore. L’association des émiratis à des investissements immobiliers dans ce projet est encore loin de livrer tous les secrets des promesses des uns et des visées des autres sur cet immense terrain au cœur d’une méga-métropole. Initialement prévu sur 1059 ha pour jouer un rôle de poumon de la capitale, la décision de l’amputer de 800 ha réduit considérablement la portée de l’objectif visé. à ce niveau, il faut rappeler que le terrain qui borne cinq communes de l’ouest de la capitale est classé “terrain agricole non urbanisable”. Pour permettre le lancement des travaux, le gouvernement prend la décision de le déclarer “d’utilité publique” pour procéder aux expropriations nécessaires. La concession faite aux émiratis pour ériger des villas, des appartements, un hôtel, des centres commerciaux et des équipements de luxe inaccessibles au commun des mortels déplace vite le dossier sur le terrain politico-diplomatique.
 
Cacophonie

Mais dès 2008, la cacophonie est de mise. Cinq ans après, en octobre 2013, l’ancien ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Environnement et la Ville, Amara Benyounès, déclarait qu’il y a effectivement des obstacles d’ordre administratif, réglementaire et financier, mais que la partie émiratie “n’a pas concrétisé ses engagements financiers”. Dans la foulée, il annonçait que “seulement 170 ha” seront consacrés aux projets immobiliers, en particulier pour la construction d’un hôpital, et que les banques publiques ne participeront pas au financement de la phase d’investissement de 100 milliards de dinars prévue dans la convention avec les émiratis, rappelant tout de même que la décision d’impliquer les banques publiques a été prise, en 2011, par Ahmed Ouyahia, alors Premier ministre, suite à la demande du chef de l’état. Ce n’est pas tout. Au moment où Benyounès parlait d’obstacles administratifs, son collègue de l’Habitat et de l’Urbanisme, Abdelamdjid Tebboune, affirme simplement qu’aucun permis de construire n’a été délivré, ajoutant que ses services n’ont jamais été saisis !
Au regard de l’opacité et des nombreux cafouillages qui entourent cette opération, il semble que le consensus en haut lieu, déjà fragile au début, n’est plus de mise. D’autant que les urgences qui se posent au pays dans cette conjoncture sont bien plus importantes que la relance de ces méga-constructions. Devant la complexité et surtout la sensibilité du problème, l’ex-ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement (Mate), Dalila Boudjemâa, a privilégié le statu quo en se limitant à suivre quelques activités récréatives initiées par le parc (voir encadré), pensant par-là même éviter à se confronter aux parrains des “investisseurs” du Golfe, selon les propos d’un cadre de l’Agence de promotion du parc des Grands Vents. La nomination de Amar Ghoul au département de l’Aménagement du territoire auquel revient maintenant la gestion de ce dossier peut accélérer les décisions à prendre quant au devenir de ce projet. Réputé proche des centres de décision, le président du Taj sait mieux que quiconque où mettre les pieds. Le parc des Grands Vents retrouvera-t-il sa vocation première de projet vert ? Si oui, alors effectivement “koul aatla fiha khir”. Mais rien n’est moins sûr.
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Fiche technique et activités récréatives
Le parc Dounia est un espace de 1059 ha qui est toujours en cours d’aménagement et qui reçoit tous les jours des visiteurs. En plus d’un jardin d’agréments, c’est un parc d’acclimatation où se côtoient de nombreuses espèces faunistiques et floristiques avec un potentiel important d’arbres et arbustes, tels que le pin pignon, cyprès bougie, pin d’Alep, palmier des îles Canaries, palmier Phœnix, peuplier blanc, chêne vert, chêne liège… C’est aussi un jardin botanique scientifique. à ce titre, il possède un herbier de référence nationale avec une collection de 873 planches inventoriées, répertoriées et classées pour servir dans un avenir proche de base de données. Plusieurs aires de jeux et des zones humides abritent des canards et des poissons. On dénombre aussi deux retenues collinaires, trois mares et trois étangs dotés d’un écosystème qui voit la venue de plusieurs espèces d’oiseaux sédentaires. Les différents types de canards lâchés constituent des “appelants” pour les oiseaux migrateurs. En trois ans, nous avons constaté la venue de rapaces tels que le faucon crécerelle, la buse féroce, la buse commune, le faucon pèlerin, le milan royal…
Il y a aussi une écurie et très prochainement un centre équestre, des jardins thématiques, comme le jardin chinois, vietnamien, espagnol, autrichien et des serres botaniques.
Au plan de l’animation, un programme d’éducation et de sensibilisation à l’importance de la préservation de l’environnement est pris en charge au sein de la structure. C’est le rôle de la maison de l’environnement du parc Dounia. à ce sujet, avec la collaboration des ministères de l’éducation, la Solidarité et la Formation professionnelle, un plan de formation et de sensibilisation en direction de jeunes apprenants est en élaboration. Comme première activité, le parc Dounia encadre un cycle de rencontres d’animations récréatives et culturelles pour les élèves du centre des non-voyants, sourds et handicapés moteurs.
Les responsables du parc avec lesquels nous nous sommes entretenus affirment qu’ils sont en attente de la transmission d’un programme de la part du ministère de la Jeunesse. Il s’agit d’un village de jeunes des 48 wilayas du pays qui sera implanté en structures légères et gonflables (toboggan, piste de vélo, jeux aquatiques). Par ailleurs, il a un programme de sensibilisation à l’alimentation et à la santé avec le montage d’une pyramide alimentaire et d’une pièce théâtrale thématique (El-qoffa wa sachi) ainsi que la projection de dessins animés, présentation d’espèces végétales médicinales et des outils de jardinage. à chaque fois, des visites guidées dans le parc seront organisées, conclut notre interlocuteur.


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