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L’Algérie profonde / Est

Tourisme saharien dans la wilaya de Tamanrasset

Autopsie d’un secteur affecté par une léthargie endémique

Saïd Boukhelifa (au centre), auteur du livre “Mémoires touristiques algériennes 1962-2018”, convié à la rencontre. © D. R.

Le sud du pays est et restera, malgré toutes “les intox” qui se racontent autour de sa sécurité, une destination privilégiée et incontournable des adeptes du désert algérien, particulièrement chez les étrangers.

À l’initiative de l’agence de voyages et de tourisme Maha Tours, la bibliothèque électronique du centre universitaire de la wilaya de Tamanrasset Hadj Moussa-Ag Akhamok a abrité avant-hier une journée d’étude sur le tourisme saharien. Placée sous le thème “Tourisme saharien et perspectives de sa promotion”, la rencontre a vu la participation des intervenants de taille venant faire part de leur propre expérience et livrer quelques secrets de l’amour qu’ils portent particulièrement au désert algérien.

Essayistes, voyagistes et experts en tourisme, dont Saïd Boukhelifa, l’auteur du livre Mémoires touristiques algériennes 1962-2018, ont été ainsi conviés à cette manifestation qui se veut une occasion pour témoigner de “la déconstruction voulue de la destination Algérie et de l’inculture touristique caractérisant les politiques adoptées par les responsables de ce secteur névralgique”. 

Dans son allocution d’ouverture, le directeur de l’agence Maha tours, Mohamed Benhamdoune, a d’emblée mis en exergue l’importance de cette journée d’étude dans le développement de ce créneau d’activité qui est malheureusement plongé dans “une léthargie endémique et une quotidienneté du bricolage”. Il s’est focalisé sur le tourisme d’aventure dans le Sahara algérien, du fait qu'il laisse l’imaginaire de l’individu construire des images fantasmagoriques, eu égard aux étendues de paysages qu’il dresse sous forme de tableaux naturels en mesure d’attendrir les cœurs des plus endurcis.

L’orateur a parlé aussi des contraintes et des difficultés auxquelles sont confrontés les professionnels de ce secteur, dont plusieurs d’entre eux ont fini par mettre la clé sous le paillasson et tirer le diable par la queue après le marasme touristique imposé par un État qui ne veut pas divorcer d'avec la rente pétrolière. Pour sa part, Mohammed Rouani, l’un des pionniers du tourisme saharien en Algérie, a axé son intervention sur les balbutiements du tourisme saharien en passant en revue tous les événements marquant ce créneau d’activité qui a vu naître plusieurs agences de voyages dans le grand Sud.

Une région qui est et restera, malgré toutes “les intox” qui se racontent autour de sa sécurité, une destination privilégiée et incontournable des adeptes du désert algérien, particulièrement chez des étrangers en quête de dépaysement et de spiritualité. Il faut surtout souligner l’importance de cette région qui aura marqué et inspiré plus d’un, à l’exemple de l’explorateur et guide touristique français Jean- Louis Bernezat, qui est venu avec son épouse Odette participer à cette rencontre pour expliquer pourquoi et comment est né leur vif intérêt pour ce pays, lequel intérêt les a fait changer d’orientation et passer plus de 40 ans sur les pistes du désert.

Auteurs de plusieurs guides et ouvrages sur le Sahara, les Bernezat ont surtout livré le secret de leur réussite en matérialisant leur expérience et le rôle de passeur qu’ils ont tenu entre les Touareg et les voyageurs qu’ils ont conduits à la découverte après avoir gagné la confiance et le respect des peuples autochtones. Pour sa part, M. Boukhelifa, membre de l’association francophone des experts et scientifiques du tourisme, s’est interrogé sur l’existence d’une “volonté salvatrice d’un secteur moribond, qui est pourtant doté d’une richesse dormante non exploitée”. 

L’intervenant, également membre du conseil d’administration de l’association mondiale pour la formation hôtelière et touristique, a brocardé tous ceux qui ont “failli à leur mission et laissé péricliter le tourisme dans son pays par incompétence et incurie”. Pour reprendre quelques passages de son dernier livre qui sonne une “radioscopie de l’échec du tourisme algérien”, M. Boukhelifa a dénoncé encore une fois “les défaillances et les insuffisances de ceux qui avaient la haute main sur le secteur touristique (…) et qui occultaient des années durant le soleil de la destination Algérie”. 
 

RABAH KARÈCHE

 



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