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L’Algérie profonde / Est

Émigration clandestine

Le phénomène prend de l’ampleur à Collo

Les harragas bravent tous les risques. © D. R.

Selon des témoignages concordants, deux autres embarcations de harraga ont quitté le littoral colliote tôt dans la matinée de lundi en direction des côtes italiennes. 

Ce sont des jeunes sans occupation issus essentiellement des cités urbaines de la ville de Collo. Comme d'habitude, ce genre de migrations clandestines s'organise très discrètement et rien ne filtre tant que ces migrants clandestins n'ont pas quitté les eaux territoriales du pays. Afin de déjouer l'attention des gardes-côtes et des forces de sécurité qui ont intensifié la surveillance de certains points connus pour être des lieux de départ de nombreuses opérations de migration clandestine, les harraga auraient embarqué à partir de la petite plage d’Elbrarek, qui se trouve à une centaine de mètres du port de Collo et donc de la station maritime des gardes-côtes. 

Selon des sources concordantes, deux harraga ont abandonné leur embarcation, d'autres parlent de leur débarquement pour un problème de surcharge. Selon nos sources, les deux harraga débarqués quelques minutes avant la traversée ont dénoncé cette tentative aux autorités maritimes. Selon les dernières informations l'une des embarcations qui a été dénoncée par les deux débarqués a été interceptée au niveau du littoral de Jijel.

Depuis ces deux dernières semaines ce sont au moins 6 opérations de migration clandestine qui ont été organisées à partir du littoral de la baie de Collo dont 3 ont été déjouées pour la première suite à une panne de moteur et les 8 harraga interceptés ont écopé d'une amende de 20 000 DA chacun suite à leur comparution devant le tribunal de Collo.

Deux autres tentatives ont été déjouées suite à la découverte de deux embarcations en bois prêtes à la navigation, l'une à la plage de Taléza et l'autre au niveau d'une plage de Tassek, se trouvant au nord du massif de Collo. L'accalmie, qui est revenue ces derniers jours après les mauvaises conditions météologiques pour la navigation, a suffi pour que d'autres tentatives soient lancées. Depuis la fin de la saison estivale, les tentatives de harga se succèdent à un rythme effréné. 

Selon notre enquête, ces jeunes, qui sont majoritairement sans emploi, ont collecté l'argent nécessaire pour s'offrir l'embarcation en faisant de petits boulots durant la saison estivale. Ils sont généralement encadrés par des matelots aguerris à la navigation d'où le secret de la réussite de la grande majorité des tentatives. C'est une véritable saignée de jeunes qui n'hésitent pas, même au péril de leur vie, de fuir la misère de cette région sans perspectives qui vit une crise multidimensionnelle et à tous les niveaux, notamment l'emploi et le logement.

Une région qui était durant la période coloniale et les premières années de l'indépendance plus dynamique avec une activité économique variée. Les seules activités du port offraient aux jeunes des centaines d'emplois directes et indirectes, mais la centralisation de ces activités au niveau du port de Skikda a plongé cette région dans un marasme économique qui ne finit pas.  Des dizaines d'autres petits métiers ont aussi disparu du décor économique de cette région, surtout après la fermeture des usines de conditionnement de la sardine et du bois.
 

A. Boukarine

 



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