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LIBERTE Éco / Grand Angle

Ils sont entre 2 et 4 millions de sans emploi recensés

Le gouvernement face au phénomène du chômage

© D. R.

En termes de statistiques, force est de constater qu’à quelques jours de la fin de l’exercice 2019, l’Office national des statistiques (ONS) n’a pas encore publié son rapport d’enquête sur l’emploi et le chômage d’avril 2019. Le dernier rapport rendu public jusque-là est celui de septembre 2018 qui a évalué le taux de chômage à 11,7% correspondant à 1 462 000 chômeurs. 

En réalité, ce nombre ne représente que la moitié des chômeurs recensés par l’Office national de statistiques (ONS) lui-même qui avoue par ailleurs qu’il faut ajouter 1 637 000 personnes sans emploi qui déclarent être disponibles pour travailler mais qui n’ont pas effectué des démarches effectives pour chercher un emploi durant le mois précédant l’enquête.

Ces derniers sont, ainsi, considérés inactifs par l’ONS qui les catalogue comme des halo-chômeurs conformément à la méthodologie du Bureau international du travail (BIT. Ce qui porte le nombre global de chômeurs, estime Nouredine Bouderba, expert en politiques sociales, à 3 097 000, soit un taux de 21,65 %, ce qui représente pratiquement le double de celui retenu officiellement.

Le taux de chômage des jeunes (16-24 ans) est encore plus inquiétant avec 29,1% dont 51,3% pour les jeunes filles. Et ce n’est pas tout, puisqu’il ressort de l’enquête de l’ONS que 20,8% des jeunes 15-24 ans, ce qui correspond à 1 382 000, ne sont catalogués ni dans la force de travail ni comme scolarisés. Si l’on devait additionner ces chiffres, cela nous donnera 4,5 millions de sans emploi. 

Cette importante proportion des chômeurs a pour origine l’absence d’une politique d’emploi durable adossée à une économie productive, un dispositif d’aide à l’emploi non viable, inefficient et en inadéquation avec la réalité économique ainsi que la politique d’austérité menée depuis 2015.

C’est à cette réalité que le prochain gouvernement sera confronté durant l’année 2020.  L’abandon de la politique de développement économique et de la relance des capacités productives nationales constitue la première raison qui a engendré de tels niveaux de chômage. 

Les raisons d’un fléau …social
“La politique d’industrialisation qui génère un nombre important d’emplois productifs diversifiés et durables a été abandonnée tandis que le centre de gravité de l’économie nationale a été déplacé vers le commerce et les services qui s’articulent autour des importations”, constate notre source.

Le secteur industriel ne pèse que 5% du PIB alors que celui du commerce et des services représente à lui seul 61% des emplois en 2018. “C’est ce qui explique que 96% de nos entreprises sont de très petites sociétés qui ne peuvent avoir la prétention de répondre à la demande croissante d’emploi”, argue notre interlocuteur.

La politique d’austérité menée depuis 2015 qui s’est traduite par l’annulation de plusieurs projets d’investissement, le gel des recrutements dans la fonction publique et la décision de ne plus remplacer la quasi-totalité des départs à la retraite, est l’autre raison qui a provoqué cette difficile situation du secteur de l’emploi en Algérie.

La troisième raison est à chercher, affirme-t-il, dans la politique improductive d’appui à l’emploi en vigueur. Le rapport de 2016 de la Cour des comptes confirme cet état de fait, en notant qu’”en dépit des ressources colossales consacrées au dispositif, un grand écart apparaît entre les objectifs tracés et les réalisations.

La quatrième et dernière raison avancée est liée à l’inefficience des dispositifs de l’emploi. Toutes les études ont montré que les emplois réellement créés dans le cadre de ces dispositifs représentent, en moyenne, entre le quart et le tiers des emplois projetés. Par ailleurs, la précarité du travail tend à se généraliser d’autant plus que 50% des travailleurs occupent un emploi temporaire dont 84% des jeunes salariés du secteur privé.” 
 

Badreddine KHRIS



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