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LIBERTE Éco / Grand Angle

Marché des changes

Le marché parallèle complique la gestion macroéconomique

© D. R.

 “Je suis un peu étonné de voir des jeunes agiter des billets de banque en devises au square Port-Saïd, y compris le yuan chinois”, avait lancé, en 2016, l'économiste français de renom Christian De Boissieu, spécialiste de questions monétaires et bancaires, qui a animé une conférence sur “La déglobalisation et la restructuration financière”, organisée par la Banque d'Algérie.

L'économiste français avait même estimé qu’il était plus facile d’obtenir des yuans à Alger qu’à Paris. Le conférencier relevait qu’un écart significatif entre un taux de change officiel et un taux de change parallèle est révélateur de quelque chose. “Pour le bon fonctionnement du système, ici, il ne faut pas s’installer durablement dans ce genre de situation. Ce n’est pas bon pour l’image du pays”, avait-il suggéré.

Ses conseils n’ont pas été entendus. Les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) n’ont pas été également prises en compte. “Le taux de change effectif réel doit être progressivement rapproché de sa valeur d’équilibre, et des mesures doivent être prises pour réduire le marché des changes parallèle”, a suggéré le FMI à l’issue des consultations bilatérales de 2018 au titre de l’article IV de ses statuts.

Pour le FMI, “l’existence du marché parallèle complique la gestion macroéconomique, car elle alimente les anticipations inflationnistes, fausse la formation des prix et affaiblit les canaux de transmission de la politique monétaire”. Le FMI a relevé que le marché des changes interbancaire au comptant est asymétrique, car la banque centrale est de fait le principal fournisseur.

Cela s’explique par le fait que la majorité de l’offre de devises provient des exportations d’hydrocarbures qui doivent être vendues exclusivement à la Banque d’Algérie. Les autres exportations génèrent des volumes de devises largement inférieurs, dont les exportateurs peuvent conserver la moitié. Du coup, a constaté le FMI, “un marché des changes parallèle et illégal s’est formé au fil des ans, et il semble gagner en ampleur et en sophistication. La prime appliquée sur le marché parallèle s’élèverait actuellement à environ 50% du taux de change officiel”.

Du point de vue du FMI, l’ajustement progressif du taux de change officiel, le relèvement des plafonds indicatifs des montants de devises que les voyageurs peuvent emporter et l’assouplissement des restrictions aux importations pourraient réduire l’ampleur du marché parallèle, mais ne suffiraient pas à l’éliminer. L’unification des deux marchés ne sera possible qu’en libéralisant progressivement les transactions en capital, une mesure qui ne pourra être envisagée qu’une fois les conditions macroéconomiques devenues plus favorables.
 

Meziane Rabhi



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