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Alors que le Parlement vote aujourd’hui sa confiance au gouvernement

Au moins quatre manifestants tués en Irak

Les forces de l’ordre irakiennes ont fait usage de bombes lacrymogènes et de tirs à balles réelles. © D. R.

Pour les manifestants, la  solution  à  la  crise actuelle ne  peut pas venir d’une classe politique qui continue de tourner le dos aux revendications légitimes de la rue.

Au moins quatre manifestants ont  été  tués mardi  soir  en  Irak,  alors  qu’on dénombre plus d’une centaine de blessés, suite à l’intervention meurtrière des forces de l’ordre contre la foule rassemblée à Bagdad, près de la place Khalani. Selon des médias irakiens, une des personnes tuées a succombé à ses blessures, après avoir reçu une grenade lacrymogène en pleine figure.

Les mêmes sources ont précisé que les bombes lacrymogènes utilisées ont été importées d’Iran. D’après des témoins cités par d’autres médias, les forces de l’ordre ont également fait usage de tirs à balles réelles, signant ainsi un retour en force à la brutalité et à la répression meurtrière contre les protestataires.

Dimanche, un jeune manifestant a été tué par balle, alors qu’il participait à un rassemblement pacifique près de la place Tahrir, épicentre de la contestation dans la capitale irakienne. Les violences se sont poursuivies hier contre les manifestants, faisant craindre de nouvelles victimes.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme se sont alarmées de ce regain de violence contre les protestataires dans le nord et au sud du pays, où les protestataires continuent d’occuper  la  rue  contre  le  Premier ministre Mohammed Allawi et son cabinet.

Des milices pro-Iran ont été une nouvelle fois montrées du doigts, en plus des hommes armés non identifiés qui continuent de terroriser les manifestants en faisant usage notamment de fusils de chasse. Lundi, Amnesty International a condamné le meurtre, la détention et la torture de plusieurs civils et de manifestants pacifiques. T

out en exhortant les autorités à fournir aux manifestants une protection et à garantir leur droit de manifester pacifiquement, l’ONG de défense des droit de l’Homme a rappelé dans son rapport que “le soulèvement des Irakiens, exigeant leurs droits, avait imposé dans le pays une nouvelle réalité par l’insistance des manifestants à rétablir leurs droits légitimes, quel qu’en soit le prix, dans un message de défiance fort adressé au gouvernement malgré les formes brutales de répression, d’assassinats, d’arrestations arbitraires, d’intimidation et de campagnes de diffamation de militants”. 

C’est dans ce contexte que le Parlement tient aujourd’hui sa session pour voter sur la composition du cabinet du Premier ministre désigné Mohammed Tawfiq Allawi, alors que la rue ne cesse d’exprimer son rejet du nouveau gouvernement et de toute la classe politique empêtrée dans des guéguerres politiciennes, pendant que le pays connaît sa pire crise depuis des années.

L’Irak s’écroule aujourd’hui sous une dette estimée à 34 milliards de dollars. Et, pour les manifestants, les solutions à la crise actuelle ne peuvent pas venir d’une classe politique qui continue de tourner le dos aux revendications légitimes de la rue.

Hier, des centaines d’étudiants ont investi encore les rues de la capitale et de plusieurs villes du Sud pour réclamer le départ immédiat du Premier ministre et de son cabinet. Les manifestants ont en outre réitéré leur demande relative à l’organisation d’élections anticipée et à la fin du confessionnalisme régissant jusqu’ici la distribution des portefeuilles ministériels et les équilibres au sommet de l’État.  
 

Karim BENAMAR