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Nord du Mali

Dérive islamiste des ex-rebelles

La Coordination des mouvements de l’Azawad impose de nouvelles règles aux habitants de Kidal. © D.R.

Les décisions prises par la Coordination des mouvements de l’Azawad vont à contre-courant de l’accord de paix et de réconciliation au Mali.

Les mouvements de l’ex-rébellion targuie dans le nord du Mali ont instauré depuis quelques jours de nouvelles règles de conduite à Kidal dignes de certaines pratiques d’Al-Qaïda ou de l’autoproclamé État islamique, ont rapporté les médias maliens. La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a mis en place un système judiciaire inspiré de la charia, interdisant la consommation de l’alcool, la circulation des motocycles et exigeant un titre de séjour spécial pour les étrangers à la région. L’autorité sur la région est confiée au “cadi” (juge musulman, ndlr), selon le document diffusé par la CMA. “Pour la mise en œuvre de la politique générale de la CMA qu’adjure sa structuration, la nécessité s’impose de la mise en place d’un arsenal réglementaire régissant la vie courante de la société, adaptée à ses cultes, ses us et coutumes”, lit-on dans le document en question, en violation de l’accord de paix et de réconciliation au Mali que ce mouvement a signé en juin 2015 à Bamako, sous l’égide de l’ONU. Cet accord prévoit le retour de l’autorité de l’État dans la région et tout le nord du Mali. Or la décision de la CMA constitue un pas vers l’autonomie que l’accord issu du processus d’Alger n’a pas prévue. La décision, applicable depuis le 30 janvier dernier, stipule que “la vente et la consommation de l’alcool” sont officiellement interdites, ainsi que “l’incitation, exposition ou publicité des boissons alcoolisées”, précise le texte. “Les contraventions sont émises par les services de répression, qui en rendent compte au cadi à travers un procès-verbal (PV)”, explique la CMA, remettant en cause le principe de laïcité dans un pays que les groupes terroristes islamistes ont transformé en base arrière pour étendre leur influence dans tout le Sahel. “Cela ne date pas d’aujourd’hui. Le cadi a toujours rendu justice à Kidal, une ville régie par les règles islamiques”, justifie encore un dirigeant de la CMA, Ilad Ag Mohamed, cité par les médias maliens. Ainsi, “la manifestation, le meeting ou le sit-in doivent faire l’objet d’une demande écrite précisant la nature et le calendrier de l’évènement, à adresser au bureau régional, et les évènements culturels nocturnes sont désormais non autorisés”, ajoute la CMA qui, en signant l’accord de paix, continue de manœuvrer pour obtenir une large autonomie à défaut d’avoir l’indépendance de l’Azawad, à l’origine de nombreuses rébellions, dont la dernière remonte à 2012. Mais au-delà de ces inquiétudes exprimées face aux tentations autonomistes de la CMA, la décision de cette coordination constitue une dérive dangereuse, car elle confond entre la complémentarité assumée entre le système de justice traditionnelle et étatique, en plus du fait d’imposer un régime de vie semblable à celui qu’avait imposé le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) à Tombouctou en 2012/2013.


Lyès Menacer

 



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