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A la une / International

Alors que Washington oppose son veto au Conseil de sécurité

Guterres pour un financement onusien du G5 Sahel

Antonio Guterres, Secrétaire général de l’ONU. © D. R.

Créée en 2014, la Force conjointe du G5 Sahel a du mal à boucler son budget de fonctionnement, évalué annuellement à 500 millions de dollars. La France plaide pour un financement onusien, donc un mandat de l’ONU, mais les États-Unis ont dit non à cette option. 

Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit favorable à un soutien financier par les Nations unies de la force conjointe G5 Sahel, dans un entretien diffusé hier par Radio France International (RFI), en marge de sa visite cette semaine en République démocratique du Congo (RDC). “Je suis favorable à un financement des Nations unies avec des contributions obligatoires pour la force du G5 Sahel”, a déclaré M. Guterres.

“Je suis entièrement convaincu que nous ne sommes pas en train de gagner la guerre contre le terrorisme au Sahel, qu'il faut renforcer cette opération”, a-t-il ajouté. “J'attends des propositions concrètes faites à la communauté internationale” d'une prochaine réunion à Ouagadougou des pays d'Afrique de l'Ouest, a-t-il indiqué, estimant que “même ça aujourd'hui à mon avis ce n'est pas suffisant”, car la lutte contre le terrorisme passe aussi par un meilleur développement économique et une stabilité politique des pays touchés par le terrorisme.

Pour appuyer son souhait et sensibiliser à la nécessité d’apporter une contribution financière au G5 Sahel, le SG de l’ONU estime qu’“il faut regarder la menace du terrorisme à l'échelle du continent”.

Ce qui n’est pas faux en soi. Citant la milice ougandaise ADF, qui agit en RDC, M. Guterres affirment que “l'ADF fait partie à mon avis aujourd'hui d'un réseau qui commence en Libye, qui va au Sahel, qui va dans la région du lac Tchad, qui est présent au Mozambique”, tout en affirmant ignorer s’il existerait “une liaison formelle” entre les ADF et l'organisation terroriste auto-proclamée État islamique (EI/Daech), qui a revendiqué certaines des attaques dans la région de Beni, dans l'est de la RDC ou au Mozambique.

Autrement dit, le SG de l’ONU adresse un message indirect aux États-Unis qui refusent un mandat onusien au G5 Sahel, en rejetant les projets de résolution présentés par la France au Conseil de sécurité, dans l’espoir d’obtenir un financement de cette force.

Washington, grand contributeur au budget de l’ONU qu’il conteste, a opposé son veto à deux reprises, affirmant préférer un financement des pays de la région dans un cadre bilatéral.

Les États-Unis justifient aussi leur position par la présence déjà d’une mission onusienne au Mali (Minusma) et dont les prérogatives ont été élargies pour faire face à l’insécurité grandissante dans ce pays, transformé en base arrière des groupes terroristes sévissant dans la région.

En résumé, même si les États-Unis sont d’accord pour un soutien accru au G5 Sahel, lors du dernier sommet du G7 à Biarritz (France), leur position concernant cette proposition de Guterres ne risque pas de changer pour le moment. 

Tout comme la France, les États-Unis ont aussi des intérêts stratégiques à défendre dans un Sahel où ils sont en concurrence aussi bien avec l’Allemagne qu’avec la Chine et la Russie, ou encore les pays du Golfe qui veulent eux aussi se placer sur le continent africain.
 

Lyès Menacer

 

 



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