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Formation du gouvernement en Tunisie

Habib Jemli en mission quasi impossible

Habib Jemli, le Premier ministre tunisien désigné. © D. R.

Le président tunisien Kaïs Saïed a invité hier plusieurs personnalités à une réunion d’urgence en lien avec la formation du gouvernement. 

Alors qu’elle était quasiment sûre, l’annonce de la composition du gouvernement tunisien, prévue hier, n’a finalement pas eu lieu. Les dernières tractations en coulisses entre les différents partis de la coalition, d’une part, et le chef du gouvernement désigné, Habib Jemli, d’autre part, semblent avoir révélé au grand jour des divisions profondes en lien notamment avec les postes ministériels.  Une ultime réunion a été tenue samedi entre Ennahdha, le Courant démocrate, Echaab et Tahya Tounès et Habib Jemli, mais sans résultat. 

Des observateurs de la scène politique tunisienne voyaient déjà dans le report à plusieurs fois de l’annonce du gouvernement un signe d’échec de la mission de Habib Jemli. Chose qui semble se confirmer désormais avec notamment le désistement de plusieurs formations politiques qui ont fait part de leur non-participation au futur gouvernement.

Hier, le président  du mouvement Tahya Tounes,  chef du  gouvernement chargé de la gestion   des affaires  courantes, Youssef Chahed,  cité  par l’agence tunisienne TAP, a reconnu lui-même que les conditions de réussite du processus de formation du futur gouvernement “n’ont pas été réunies”.

Le mouvement Tahya Tounes a fait savoir qu’“il n’est pas concerné par la participation au prochain gouvernement”, justifiant sa décision par son rejet de composer avec certains partis, à commencer par le parti de Nabil Karoui, Qalb Tounes, qu’il accuse de corruption. Tahya Tounes a fini aussi par dire non aux extrémistes, en allusion aux satellites d’Ennahdha, comme Al Karama ou Arrahma. 

Dans  sa  déclaration,  Youssef  Chahed  a  mis  en  garde  contre  les répercussions du retard accusé dans la formation du nouveau gouvernement sur la situation générale dans le pays, estimant que “tous les partis assument une part de responsabilité dans ce retard”. 

Le Mouvement Echaab, qui a pris part aux consultations samedi, a affirmé également qu’il ne participerait pas au prochain gouvernement après un vote de ses instances. “Le conseil national du Mouvement Echaab a décidé de ne pas participer au futur gouvernement, et ce, à l’issue d’un vote effectué au sein de son conseil national”, lit-on dans un communiqué laconique rendu public dimanche, et répercuté par la presse tunisienne.

Selon cette dernière, le mouvement Ennahdha s’est montré aussi réticent à participer dans un gouvernement formé à majorité “de compétences” comme voulu par le président de la République, Kaïs Saïed. 

Le parti de Ghannouchi, arrivé en tête des législatives, craint de voir les ministères de souveraineté lui échapper et tomber entre les mains de technocrates ou d’élus indépendants. Près de 3 mois après les élections législatives, la Tunisie peine donc à former son gouvernement, alors que la situation socioéconomique est des plus incertaines.

Signe  de la gravité de la situation et d’un  blocage  qui risque  de  perdurer encore, hier le président tunisien Kaïs Saïed a invité plusieurs personnalités politiques à une réunion d’urgence.

D’après le site Tunisie numérique, le chef du gouvernement Habib Jemli, le président du parlement Rached Ghanouchi, le secrétaire général du Courant démocrate Mohamed Abbou, le secrétaire général du Mouvement Echaab, Zouhaier Maghzaou,i ainsi que le président du parti Tahya Tounes, Youssef Chahed, ont pris part à cette réunion portant sur les concertations relatives à la formation du prochain gouvernement. 
 

Karim Benamar

 


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