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La crise boucle ses neuf ans aujourd’hui

Horizons incertains pour la Libye

Le chef du GNA, Fayez al-Serraj. / Le général Khalifa Haftar. © D.R

La situation reste “profondément préoccupante” en Libye, avec de multiples violations du cessez-le-feu et de l’embargo sur les armes, a déploré hier l’ONU. 

Les Libyens célébreront aujourd’hui le 9e anniversaire de la “Révolution du 17 février” dans un climat de poursuite de la guerre opposant le Gouvernement d’union nationale (GNA, légitime) aux autorités parallèles de Tobrouk, dont le controversé général Khalifa Haftar en est le bras armé qui refuse de concéder la moindre concession en vue d’une sortie de crise en Libye. En effet, les espoirs de quelque six millions de Libyens ont été douchés par un conflit politique qui a viré à la guerre armée, neuf ans après la chute de l’ancien régime du défunt guide Mouammar Kadhafi, tué en octobre 2011, après l’intervention occidentale menée par l’Otan sous le couvert de l’urgence humanitaire en Libye. Une intervention qui a plongé le pays dans le chaos et l’anarchie, mais déstabilisant aussi des pays voisins comme le Mali, où l’arsenal militaire libyen a alimenté l’ex-rébellion touareg en 2012 et les groupes terroristes à travers tout le Sahel. Cette crise a eu aussi des effets négatifs sur l’Algérie, où l’attaque suivie de la prise d’otages qui a visé le complexe gazier de Tigentourine, à Aïn Amenas, entre le 16 et le 19 janvier 2013, était la conséquence directe de la crise libyenne.

Les terroristes auteurs de cette attaque s’étaient infiltrés à partir de la frontière algéro-libyenne pour commettre leur forfait. Sur le plan interne, les rivalités opposant les Libyens de l’est, du sud et de l’ouest du pays ont remonté à la surface, posant de fait la question de l’instauration d’un régime fédéral dans ce pays, aujourd’hui et plus que jamais menacé de scission. Cela, sans oublier le lot de victimes civiles que cette guerre intestine a provoquées, ainsi que les milliers de déplacés et de réfugiés internes et dans les pays voisins, notamment en Tunisie. Sur le plan économique, la production pétrolière, principale ressource financière du pays, est quasiment à l’arrêt depuis un mois, provoquant une perte de plus d’un milliard de dollars.

Aujourd’hui, malgré les efforts d’une partie de la communauté internationale pour relancer le processus politique, peu de chose a changé dans ce pays. Pis encore, à la veille de ce neuvième anniversaire de la révolution, le général Haftar a annoncé son rejet de la résolution votée par le Conseil de sécurité mercredi dernier, promettant à ses partisans de poursuivre sa guerre contre le GNA jusqu’à la conquête totale de la capitale Tripoli. Khalifa Haftar mène, pour rappel, une vaste et meurtrière opération militaire contre Tripoli depuis le 4 avril dernier. Plus de 2 000 personnes, dont des civils, ont péri depuis cette date, et plus de 15 000 autres ont été blessées. 

Le nombre de déplacés dans l’Est libyen arrive à 140 000 personnes, selon des chiffres officiels. Samedi, le chef du GNA, Fayez al-Serraj, a affirmé : “Nous n’avons pas de partenaire de paix”, en référence à Khalifa Haftar. “Malgré certains signaux positifs, la situation reste profondément préoccupante sur le terrain”, a déclaré pour sa part hier Stéphanie Williams, adjointe de l’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, lors d’une conférence de presse à Munich. “La trêve ne tient qu’à un fil avec de nombreuses violations — plus de 150 — recensées, le peuple libyen continue de souffrir, la situation économique continue de se détériorer, exacerbée par le blocus des installations pétrolières”, a-t-elle souligné. Face à ces horizons bouchés, les Libyens continuent de payer le prix fort de ces rivalités et des ingérences étrangères en faveur d’un camp ou d’un autre. 

 

 


Lyès Menacer


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