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Ankara soupçonné de “crimes de guerre” contre les Kurdes

La responsabilité pénale de la Turquie engagée en Syrie

Des membres d'une milice syrienne alliée de l'armée turque. © D.R

Alors qu’Ankara mène sa deuxième opération militaire en Syrie, des enquêteurs de l’ONU l’accusent d’avoir fermé les yeux sur des crimes de guerre contre les Kurdes syriens, au lendemain d’une vaste opération militaire au nord de la Syrie en octobre 2019.

La Turquie pourrait avoir une “responsabilité pénale” dans des crimes de guerre perpétrés, fin 2019, contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, dont l'exécution d'une responsable politique kurde, ont averti hier des enquêteurs de l'ONU. Cette accusation intervient alors que l’armée turque a lancé une deuxième offensive meurtrière dans le nord-ouest de la Syrie, théâtre de violents affrontements depuis dimanche. Le rapport des enquêteurs de l’ONU, qui couvre la période allant de juillet 2019 au 10 janvier dernier, indique que la Turquie “pourrait être pénalement tenue pour responsable des graves violations commises par ses alliés de l'Armée nationale syrienne (des rebelles soutenus par Ankara)”. 

Ce rapport est le fruit d’une enquête minutieuse menée par la Commission d'enquête indépendante et internationale (COI) sur la Syrie. Les troupes turques et leurs alliés en Syrie ont envahi une partie du nord de la Syrie, après avoir lancé en octobre 2019 une campagne militaire contre les forces kurdes qui a provoqué la fuite de dizaines de milliers de personnes. 

Dans son document, la COI, créée en 2011 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, fait état des rapports de familles kurdes déplacées et d'autres civils qui ont accusé “les rebelles syriens soutenus par Ankara” d'avoir commis “des exécutions et des pillages”, et d'avoir “confisqué des propriétés”. 

La COI pointe en particulier l'exécution sommaire le 12 octobre 2019 d'une responsable politique kurde, Hevrin Khalaf, et de son chauffeur, par des terroristes pro-Turcs. Hevrin Khalaf, qui était membre de la direction du Conseil démocratique syrien et secrétaire générale du parti Avenir de la Syrie, avait 35 ans. Elle circulait sur une autoroute venant de Qamishli lorsqu'elle a été arrêtée par des membres de la Brigade 123 de l'Armée nationale syrienne. Ces derniers l'ont sortie de la voiture en la traînant par les cheveux et ont mutilé son corps avant de l'exécuter, selon la COI. 

Pour les enquêteurs de l'ONU, “il y a des raisons de croire que les combattants de l'Armée nationale syrienne ont commis le crime de guerre qu'est le meurtre et à plusieurs reprises le crime de guerre de pillage”. “S'il s'avérait que des membres de groupes armés agissaient sous le commandement et le contrôle effectifs des forces turques, ces violations pourraient entraîner la responsabilité pénale de ces commandants qui étaient au courant ou auraient dû être au courant pour ces crimes, ou n'ont pas pris toutes les mesures nécessaires pour les empêcher”, souligne le rapport. La COI a accusé à plusieurs reprises les différentes parties d'avoir commis des crimes de guerre et dans certains cas des crimes contre l'humanité.

Déclenchée en mars 2011, la révolte contre le pouvoir en Syrie s'est muée en une guerre dévastatrice. Plus de 380 000 personnes ont péri depuis le début de la guerre, selon un bilan dévoilé début janvier 2020 par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). 

 

 

 


Karim Benamar/Agence


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