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Habib Jemli a du mal à convaincre les partis

L’annonce de la formation du gouvernement tunisien reportée

Habib Jemli, Premier ministre tunisien désigné. © D. R.

Derrière les rideaux, le parti islamiste Ennahdha qui préside le Parlement continue de tirer les ficelles, démontrant que Habib Jemli n’est pas aussi indépendant qu’il le prétend.

Annoncée pour cette semaine, la formation du nouveau gouvernement en Tunisie ne pourra se faire que durant la troisième semaine du mois de décembre, a affirmé, samedi soir, le Premier ministre désigné Habib Jemli à la presse locale. M. Jemli a reconnu la difficulté de former un exécutif équilibré et capable de relever le défi. “Nous continuerons les consultations avec toutes les parties, y compris les partis politiques qui ont annoncé leur refus de participer au gouvernement”, a-t-il déclaré, justifiant cela par le sens de la responsabilité que tout responsable tunisien devrait avoir pour répondre aux attentes du peuple tunisien.

Le Premier ministre désigné s’est attaqué indirectement à la classe politique tunisienne, notamment aux partis qui refusent de participer à son équipe gouvernementale, en affirmant que “le choix du peuple tunisien pour certains partis (aux dernières législatives) n’est pas pour que ces partis s’entredéchirent dans l’opposition, mais pour qu’ils affrontent et assument leurs responsabilité dans la résolution des gros problèmes, ainsi que répondre aux attentes du peuple”.

Si dans le fond, Habib Jemli vise juste concernant ce report, dans la forme, il sait pertinemment que sa mission est quasiment compromise. Les Tunisiens et de nombreux partis siégeant au Parlement souhaitent un gouvernement de technocrates, mais le parti islamiste semble refuser que les portefeuilles ministériels de souveraineté lui échappent. 

La raison est simple : si des ministères comme celui de la Justice ou de l’Intérieur tombent entre les mains de personnalités sans couleur politique ou confiés à des partis rivaux, le parti de Rached Ghannouchi risque d’être traîné devant les tribunaux dans des affaires liées au terrorisme. 

Du temps de son alliance avec Nidaa Tounès, sous la direction du défunt chef d’État Béji Caïd Essebsi, Ennahdha a été accusé d’être derrière l’assassinat des deux militants Mohamed Brahimi et Belaid Chokri, ainsi que d’avoir contribué à l’envoi de nombreux Tunisiens rejoindre l’autoproclamé État islamique en Irak et en Syrie en 2014.

 Ces affaires sont toujours en suspens. Ainsi, derrière les rideaux, le parti islamiste Ennahdha qui préside le Parlement continue de tirer les ficelles, démontrant chaque jour qui passe que Habib Jemli n’est pas aussi indépendant qu’il le prétend. D’ailleurs, Mohamed Abbou a dénoncé le refus d’Ennahdha et de ses alliés que le Courant démocratique prenne la direction du ministère de la Justice. 

Pour rappel, le Courant démocratique, le Mouvement du Peuple et Tahya Tounès ont annoncé qu’ils ne participeront pas au gouvernement de Habib Jemli. Alors que le temps joue en sa défaveur et la situation que vit la Tunisie ne peut pas attendre, le Premier ministre affirme qu’il prendra le temps qu’il faut pour former son équipe. 
 

Lyès Menacer

 

 

 



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