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A la une / International

Accusé de blanchiment d’argent et de fraude fiscale

Le candidat à la présidentielle tunisienne Karoui remis en liberté

Hier, lors de la marche de contestation contre la détention du candidat à la présidentielle tunisienne Nabil Karoui. © D. R.

Donné favori par les instituts de sondage tunisiens, alors même qu’il était en prison, Nabil Karoui multiplie sérieusement ses chances pour accéder au pouvoir en Tunisie. 

La justice tunisienne a décidé hier après-midi de remettre en liberté le candidat à la présidentielle anticipée, Nabil Karoui, a rapporté la presse locale, citant son avocat, Me Kamel Ben Messoud. Selon lui, cette décision a été prise par la Cour de cassation de Tunis après s’être réunie pour examiner l’appel déposé par le comité de défense exigeant la libération de son client, lit-on sur le site de la radio privée Mosaïque FM. L’homme d’affaires a introduit plusieurs demandes auprès de la justice tunisienne pour sa libération, afin de pouvoir mener campagne pour la présidentielle.

La justice les avait à chaque fois rejetées. Mardi dernier, le comité de défense de Nabil Karoui a déposé un dernier recours au  tribunal administratif, faisant valoir qu'il n'y a pas eu d'égalité des chances  entre son client et son adversaire, le juriste Kaïs Saïed, arrivé en tête au premier tour. “Cette décision a été prise après que la cour de cassation a accepté l’appel déposé par son comité de défense, mardi soir, quant à la forme, annulant ainsi la garde à vue du candidat”, selon toujours son collectif de défense. 

Maître Bechir Ferchichi, chef du collectif de défense, composé également de Habib Oueslati et Habib Hamdi, a confié à la radio de Tunis, Mosaïque FM, que “la décision de la cour de cassation signifie la remise en liberté à effet immédiat de Nabil Karoui”. Pour rappel,  Nabil Karoui a été arrêté le 23 août 2019 pour des soupçons sur son implication présumée dans des affaires de blanchiment d'argent et d’évasion fiscale. Nabil Karoui faisait l'objet d'une plainte déposée à son encontre par l’ONG “I Watch” en 2016.

Kaïs Saïed (18,4%) et Nabil Karoui (15,58%) sont arrivés premier et deuxième dans la course à la présidentielle. Ils disputeront dimanche 13  octobre le deuxième tour. Nabil Karoui s'était déclaré déterminé à poursuivre la course au Palais de Carthage par respect à la volonté du peuple et de son électorat. Il maintient aujourd’hui toutes ses chances dans cette crouse électorale à rebondissements.

Ce candidat atypique peut dès dimanche réussir le pari de remporter l’élection présidentielle. Alors même qu’il était sous les verrous, les instituts de sondages tunisiens le donnaient favori face à son adversaire, l’universitaire Kaïs Saïed. Il faut savoir par ailleurs que dans le cas où les électeurs tunisiens propulsent Karoui à la magistrature suprême, les poursuites judiciaires lancées contre lui seront automatiquement suspendues. 

Selon Sadok Chaâbane, professeur agrégé en droit et en sciences politiques à la Faculté de droit et des sciences politiques de Tunis,  “les poursuites judiciaires lancées contre Nabil Karoui seront automatiquement suspendues si jamais ce dernier remporte l’élection présidentielle, et ce conformément à l’article 87 de la constitution”, a-t-il écrit mardi soir sur sa page facebook.

Se basant sur cet article, M. Chaâbane qui, pour l’anecdote, était l’enseignant, en 1976, du candidat Kaïs Saïed, a rappelé que “le président de la République bénéficie de l’immunité durant son mandat. Tous les délais de prescription et de déchéance sont suspendus à son encontre. Les actions peuvent reprendre leur cours après la fin de son mandat. Le président de la République ne peut être poursuivi pour les actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions.” 

À noter que l’équipe de campagne de Nabil Karoui a organisé hier une marche de contestation contre la détention de son candidat dans le gouvernorat de Gabes. Selon un communiqué publié par cette direction, cette marche devait se poursuivre à travers d’autres gouvernorats dont Sfax, Kairouan en passant par Sousse, Mahdia, Monastir, Béja et Bizerte pour s’achever le vendredi 11 octobre 2019 à Tunis, à l’avenue Habib-Bourguiba.
 

Karim Benamar

 

 

 


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