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Les manifestations nocturnes durent depuis une semaine

Le Liban craint un glissement vers la violence

Des manifestants lançant des pierres sur des soldats dans la ville portuaire de Tripoli, dans le nord du Liban. © D.R

Les mesures annoncées par le gouvernement jeudi dernier peinent à convaincre la population, excédée par une dégradation des conditions socioéconomiques sans précédent. 

Plusieurs sit-in ont été tenus dans la nuit de samedi à hier par des centaines de personnes dans les grandes villes du Liban pour réclamer la libération des manifestants arrêtés, après plusieurs jours d’émeutes et de heurts violents avec l’armée au cours de la semaine dernière, ont rapporté les médias locaux. Selon le journal libanais L’Orient-Le Jour, des centaines de Libanais se sont rassemblés à Tripoli, à Saïda ou encore à Bekaa, samedi soir, pour demander “la relaxe immédiate et sans condition des détenus”.

Les manifestants, ajoute le quotidien, ont scandé des slogans hostiles au gouvernement, responsable, selon eux, de la dégradation sans précédent des conditions de vie, alors que le Liban est déjà en défaut de paiement depuis le 9 mars dernier. Les émeutes au cours de la semaine passée, qui se sont soldées par un mort et des dizaines de blessés, font craindre au pays un basculement incontrôlable dans la violence, d’autant plus que les mesures annoncées par le gouvernement de Hassan Diab, jeudi, peinent à convaincre une population excédée par une aggravation de la situation socioéconomique.

Près de la moitié des Libanais (43%), selon les chiffres officiels, vit sous le seuil de la pauvreté, alors que le chômage de masse frappe de plein fouet de larges pans de la société ; on estime à 50% le nombre de jeunes sans emploi. Si le dollar s’échangeait encore à hauteur de 1 500 livres libanaises il y a six mois, il faut désormais compter 4 200 livres pour un billet vert. Une dépréciation qui se répercute violemment sur le coût de la vie, avec une flambée des prix de plus de 50%, d’après le ministère de l’Économie.

Pour tenter de ramener le calme, le président libanais, Michel Aoun, a assuré samedi soir comprendre les doléances des Libanais et leur volonté de changement, mais sans pour autant annoncer des solutions concrètes. “Je comprends que les gens veulent des changements rapides et concrets, mais nous ne pouvons pas résoudre les conséquences des politiques de ces 30 dernières années en une nuit. Le gouvernement a à peine cent jours et il ne peut pas faire des miracles”, a-t-il affirmé dans une interview accordée à l’agence russe Sputnik, samedi.

Le chef de l’État a en outre averti contre la dégradation de la situation sécuritaire et appelé à faire preuve de vigilance contre la manipulation. “L’indignation dans la rue ne doit pas être exploitée par certains partis. (…) Dans tous les cas, nous ne permettrons pas que la situation sécuritaire se dégrade et nous garantissons la liberté de manifester et de s’exprimer”, a-t-il ajouté, en assurant en outre que l’Exécutif était déterminé à mettre en œuvre le plan de redressement qu’il a approuvé jeudi pour lutter contre la crise financière et économique, la pire depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).

Vendredi, le gouvernement libanais a paraphé une requête officielle qui sera envoyée au Fonds monétaire international (FMI) pour réclamer une aide financière, dans l’espoir de relancer l’économie au bord du naufrage dans un pays secoué par un violent regain de contestation sociale, a rapporté l’AFP. Les autorités ne se sont pas exprimées sur le montant attendu du FMI ni sur les modalités de cette aide, a ajouté la même source. 

 

 


Karim Benamar


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