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Alors que les irakiens restent mobilisés dans le centre et le sud

Le nord de l’Irak rejoint la contestation

À Bagdad, les manifestants ne croient plus aux mesures “d’apaisement” prises par les autorités irakiennes. © D.R.

Les Irakiens exigent le départ de tout le système et le renouvellement de la classe politique en Irak, où le mode de gouvernance à base confessionnelle et communautaire est dénoncé.  

Les Irakiens ont continué hier d’investir la rue en organisant des rassemblements dans plusieurs villes du pays, malgré l’annonce, vendredi, de la démission du Premier ministre, Abdel Adel Mahdi, et acceptée par le Parlement hier dans l’après-midi. Relativement épargné par l’onde de la contestation, le nord du pays a connu hier plusieurs rassemblements notamment dans la ville de Mossoul où les protestataires sont sortis pour rendre hommage aux manifestants tués dans le sud du pays le week-end dernier. Brandissant des banderoles dénonçant la répression meurtrière dont ont été victimes plus de 70 manifestants, tués par balles réelles, à Nassirya et Najaf, les protestataires ont exigé une enquête indépendante et le jugement de tous les commanditaires de cette tuerie. 
Un tribunal de Bagdad  a condamné hier à mort un officier de police accusé d'avoir tué des manifestants, ont indiqué des sources judiciaires, mais la colère des protestataires n’est pas près de retomber. Il s’agit du premier verdict rendu depuis le début, il y a deux  mois, de manifestations anti-pouvoir. 
La cour pénale de Kout, au sud de Bagdad, a ordonné la  pendaison jusqu'à ce que mort s'ensuive d'un major de police, ont précisé ces sources, tandis qu'un lieutenant-colonel était condamné à sept années de prison. À Bagdad, la capitale, ou dans les villes du Sud, les manifestants ne croient plus aux mesures “d’apaisement” prises par des autorités irakiennes ayant perdu toute crédibilité aux yeux des protestataires. Ces derniers, ont rappelé encore hier leurs exigences liées, entre autres, au départ de toute la classe politique dirigeante, accusée de corruption et d’incompétence. Plusieurs manifestants ont réclamé en outre une nouvelle constitution, l’organisation d’élections anticipées et la fin du confessionnalisme politique. Dans la capitale, où les manifestants occupent la rue jour et nuit depuis plusieurs semaines, la démission du gouvernement est tout juste perçue comme une “première étape”. “Qu'Abdel Mahdi dégage, le Parlement aussi, et les partis et l'Iran”, a énuméré un jeune manifestant alors que pour la rue, c'est tout le système politique installé par les États-Unis après la chute de Saddam Hussein en 2003, et désormais sous mainmise iranienne, qu'il faut changer. À Najaf, ville du Sud, des centaines d'étudiants ont manifesté pacifiquement en solidarité avec les “martyrs de la révolution”. Plusieurs routes ont été également coupées. Selon des médias, des hommes en civil ont tiré sur les manifestants à  balles réelles. Les tribus de cette ville sainte chiite, elle aussi entrée dans une spirale de violences avec l'incendie, mercredi soir, du consulat d'Iran, tentait d'intercéder pour que les tirs cessent. Après la mort depuis jeudi d'une vingtaine de personnes, pour beaucoup sous les tirs de ces hommes, les habitants redoutent que la situation ne dégénère plus encore.  
 

Karim Benamar



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