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Alors que la grève générale s’étend à plusieurs villes

Le principal port d’Irak bloqué par les manifestants

© D.R.

Les Irakiens continuent d’investir par milliers les rues du pays, exigeant le départ de la classe politique dirigeante, accusée de corruption et d’incompétence.  Pratiquement aucune ville du pays n’échappe à la contestation qui prend depuis quelques jours les allures d’un vaste mouvement de désobéissance civile.  Hier, près de Bassora, dans le sud, les protestataires ont bloqué l’accès du port stratégique d’Umm Qasr et ont dû faire face à une violente répression des forces antiémeutes. 

Certains médias ont évoqué la mort d’un manifestant après l’intervention des forces anti-émeute. Selon les  témoignages des manifestants, cités par des médias, “la police anti-émeute a violemment réprimé les manifestants qui se trouvaient aux abords du port. Il y a eu des blessés et au moins une personne a été tuée. Les forces anti-émeute ont tiré à balles réelles”. Si le blocage de ce port se poursuit, les installations portuaires pourraient être totalement à l'arrêt. Le port d'Umm Qasr est le principal port irakien. Il est situé à une soixantaine de kilomètres au sud de Bassora. 
Il avait déjà été paralysé du 29 octobre au 7 novembre, ce qui avait perturbé notamment les importations de céréales et de sucre dont la population irakienne dépend largement. Les protestataires ont voulu bloquer ce port pour plusieurs raisons: d’abord pour protester contre les malversations dans lesquelles sont impliqués les responsables du port, corruption, emplois fictifs et détournement d’argent public. Ensuite, bloquer ce port est pour eux un bon moyen de mettre les autorités de Bagdad sous pression. 
C’est la principale porte d’entrée des importations. L’Irak est en proie depuis début octobre à un mouvement massif de contestation qui a régulièrement été réprimé dans le sang par les forces de l’ordre. Les manifestants réclament le départ des élites politiques du pays, qu’ils jugent corrompues et assujetties à des intérêts étrangers. Plus de 320 personnes ont été tuées alors que 15 000 personnes ont été blessées en raison des répressions policières depuis le début de ce mouvement d’une ampleur sans précédent.
 

K. B./ Agences