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A la une / International

Trois décennies après son unification

Le Yémen ne cesse de se déchirer

Le Yémen, un pays en danger de partition.© D.R

Les 30 années de règne chaotique et sectaire du défunt président Ali Abdellah Salah, déchu en 2011, ont plongé le pays dans une crise structurelle complexe, débouchant sur un conflit armé par procuration.

Le Yémen célèbre demain le 30e anniversaire de son unification, dans un contexte de guerre opposant les Houthis (chiites) au gouvernement de transition d’Abd Rabbo Mansour Hadi, impliquant d’autres acteurs régionaux : respectivement l’Iran, d’un côté, et, l’Arabie Saoudite avec leur allié émirati, de l’autre. Cette guerre, qui a commencé par la prise de contrôle de la capitale Sanaa par les Houthis en 2014, s’est exacerbée par l’intervention de la coalition arabe, dirigée par l’Arabie Saoudite, pour officiellement restaurer la légalité institutionnelle et constitutionnelle dans ce pays, l’un des plus pauvres de la péninsule arabique. Mais cinq ans après le début de cette intervention en mars 2015, le pays s’est enlisé dans une crise qualifiée par l’Onu comme “la plus grave crise humanitaire au monde”, en raison du nombre de morts estimés à plusieurs dizaines de milliers de victimes, sans oublier les dizaines de milliers de blessés. 

Le nombre de déplacés internes est de plus de trois millions de personnes, alors que 24 millions sur près de 30 millions d’habitants ont besoin d’une aide humanitaire urgente, selon un récent rapport de l’ONU. Environ 70% des Yéménites n’ont plus accès à l’eau potable, tandis que la destruction des infrastructures de santé a privé plus de la moitié de la population de l’accès aux soins. Des millions d’enfants sont directement touchés par les effets de ce conflit fratricide, transformé en une guerre par procuration dépassant l’enjeu local de prise du pouvoir à Sanaa.

L’apparition des premiers cas de coronavirus est venue se greffer à une situation déjà compliquée, résultats de luttes politiques vieilles de plusieurs décennies. Plus que jamais affaibli, le pouvoir de Mansour Hadi ne tient qu’à un fil, pris en étau entre des Houthis déterminés à se maintenir au pouvoir à Sanaa et des séparatistes sudistes, dont l’autonomie autoproclamée du sud du pays a donné lieu à de violents affrontements avec les troupes progouvernementales depuis le 11 mai dernier. Les forces loyales à Hadi tentent depuis cette date de reprendre le contrôle de la Zinjibar, la capitale de la province sudiste d'Abyane.

Cette guerre dans la guerre remonte à 2018, lorsque des indépendantistes sudistes ont décidé d’assiéger le palais présidentiel à Aden, où le gouvernement de Hadi avait trouvé refuge après l’invasion de la capitale Sanaa par les Houthis 2014, réclamant davatange de place dans le jeu politique et l’amélioration de la situation socioéconomique de leur région. Cela a donné lieu à de violents affrontements que l’intervention saoudienne et émiratie a fini par éteindre, en contrepartie de plus d’engagement de Hadi à améliorer la situation à Aden et les autres gouvernorats du sud du pays.

Ce ne fut pas le cas pour un gouvernement qui ne dispose pas de moyens financiers, encore moins d’institutions nécessaires tombées aux mains des Houthis. Ainsi, après six ans de conflit, le Yémen garde son unité territoriale, mais le gouvernement de Hadi, exilé à Aden (la capitale du Sud), ne contrôle quasiment plus rien dans le pays, même s’il demeure le seul interlocuteur légitime de la communauté internationale.

Les ingérences étrangères et les déceptions de certains acteurs internes ont beaucoup contribué au morcèlement du pays en plusieurs territoires, avec une partie nord-est donnant sur la mer Rouge et frontalière avec Riyad contrôlée par les Houthis, en plus de la capitale Sanaa, et une partie sud-ouest départagée entre les sudistes et les forces pro-Hadi. La région nord-est constitue une zone de repli de la branche locale d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique.

 

 


L. Menacer


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