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Affrontements entre les partisans du Hezbollah et les manifestants

Les divisions sectaires aggravent la crise au Liban

Affrontements entre les forces de l'ordre et les partisans des mouvements Hezbollah et Amal à Beyrouth. © D.R.

Reportées à deux reprises, à la demande du Premier ministre sortant Saad Hariri, les consultations parlementaires contraignantes pour la formation d’un nouveau gouvernement auront lieu aujourd’hui. 

Les affrontements entre les partisans du Hezboallah et ceux du parti Amal, d’un côté, et les manifestants antigouvernementaux, d’un autre côté, font craindre le pire dans un pays où les divisions communautaires et confessionnelles demeurent profondes. Les violences des affrontements ont fait déjà plusieurs blessés dans les deux camps depuis samedi, et la tension était encore vive mardi soir. Selon des témoins cités par des médias locaux, des jeunes, arrivés au centre de Beyrouth sur des motos, ont tiré encore des projectiles sur les manifestants qui campent au centre de la capitale depuis plusieurs semaines. Les hommes en moto ont scandé ensuite “chiites, chiites” en agitant les drapeaux de leur parti. À l’origine de ces affrontements qui font craindre un basculement vers la violence – d’aucuns voient déjà les signes de la “discorde” au milieu de la population – une vidéo qui a circulé massivement, le week-end dernier, sur les réseaux sociaux et via WhatsApp, montrant un certain Samer Sidaoui, originaire de Tripoli, insultant sans ménagement non seulement les leaders des partis chiites mais aussi les symboles religieux de cette communauté. Si l’auteur de la vidéo, qui vit à l’étranger, selon le journal L’Orient-le Jour, a présenté ses excuses mardi, l’atmosphère restait toutefois extrêmement tendue hier. Des observateurs craignent que des parties profitent de ces événements pour semer le chaos dans un pays aux profondes divisions sectaires. D’autres avertissent contre l’avortement de la révolution en la détournant notamment de son caractère pacifique. Hier, les forces de l'ordre ont renforcé les mesures de sécurité autour des places où se déroulent les manifestations antigouvernementales dans le centre de Beyrouth, après les nuits de violences. Autre signe de l’extrême tension, le Premier ministre Saad Hariri et le président du Parlement Nabih Berry ont appelé hier, à l’issue d’un entretien, “les Libanais à faire preuve de retenue en ces temps difficiles, et éviter de se laisser entraîner vers la discorde”. Dans leur déclaration, les deux hommes ont exhorté les Libanais “à faire preuve de conscience et de vigilance et à ne pas être entraînés dans le conflit que certaines parties tentent d’attiser afin de basculer le pays dans la violence”, lit-on dans le communiqué. Les deux hommes ont insisté en outre sur l’unité islamique et la nécessité de préserver l’union nationale, condamnant à l’unisson les provocations contenues dans la vidéo. Hariri et Berry ont rappelé que “le besoin national est devenu plus qu'urgent d'accélérer la formation du gouvernement”. Les consultations parlementaires contraignantes pour la formation d’un cabinet devraient commencer aujourd’hui. Elles ont été reportées à la demande du Premier ministre sortant, Saad Hariri. Des observateurs ont vu dans ce report, intervenu à deux reprises en deux semaines, un signe éclatant des divisions profondes qui minent la classe politique, incapable de dégager un consensus autour du futur cabinet, alors que la situation économique dégradée menace le pays d’effondrement. 
 

Karim Benamar


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