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Malgré 450 morts depuis le début de la contestation

Les Irakiens continuent d’investir la rue en masse

© D. R.

Des milliers de manifestants continuent de sortir en masse dans les rues irakiennes bravant la répression meurtrière menée par les forces de l’ordre et les violences du week-end dernier ayant fait au moins 24 morts. Le bilan de morts, depuis le début de la contestation le premier octobre,  a quant à lui franchi la barre des 450 morts, la plupart des manifestants tués à balles réelles. À Bagdad, les protestataires ont organisé hier de grands rassemblements malgré le déploiement de l’armée à travers les artères principales.

“Ils essayent de nous faire peur par tous  les moyens, mais on reste dans la rue”. Sur l'emblématique place Tahrir, épicentre de la contestation qui réclame une nouvelle classe dirigeante en Irak, la foule était immense. C'est près de cette place que 20 manifestants et quatre policiers ont été  tués vendredi dans une attaque menée par des hommes armés -toujours non  identifiés selon les autorités- dans un parking à plusieurs étages occupé par  les protestataires à Bagdad. 

“Ils essayent de nous faire peur par tous les moyens, mais on reste sur  Tahrir, et jour et nuit notre nombre augmente”, assure une autre manifestante de 23 ans, citée par des médias.  À Nassiriya, grande ville du Sud également théâtre d'une tuerie il y a une  dizaine de jours, les manifestants se sont regroupés sur une place du  centre-ville, rejoints par des délégations de puissantes tribus.

“Nous continuerons à manifester jusqu'à la chute du régime”, promet Ali  Rahim, un étudiant interrogé par l'AFP sur la place. Dans plusieurs villes du Sud agricole irakien, les autorités locales ont déclaré hier, premier jour de la semaine en Irak, chômé pour les  fonctionnaires, alors que les piquets de grève et autres blocages se  poursuivent. 

Des milliers d'Irakiens ont manifesté également à al-Hilla, Amara,  Diwaniya, Kout et Najaf, ont constaté des correspondants de l'AFP dans ces  villes du Sud. Depuis le lancement le 1er octobre du premier mouvement de contestation  spontané depuis des décennies, l'Irak est en proie aux manifestations et aux  violences. Selon un bilan compilé par l'AFP à partir de sources médicales et  policières, 452 personnes ont été tuées et quelque 20 000 blessées, en majorité  des manifestants. 

Ceux-ci conspuent le pouvoir à Bagdad et son parrain iranien. Ils réclament  la refonte du système politique, un renouvellement complet de leur classe  politique et surtout la fin de la corruption qui a déjà englouti l'équivalent  de deux fois le PIB du pays, l'un des plus riches en pétrole du monde. 
 

K. B./Agences


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