Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / International

Manifestations nocturnes à Khartoum et Omdurman

Les Soudanais défient Omar al-Bachir

Les Soudanais bravent l’état d’urgence décrété par le président al-Bachir.© D.R.

Lundi soir, le syndicat des professionnels a lancé un nouvel appel à sortir de nuit dans les rues du pays, en défi à l’état d’urgence imposé par le président al-Bachir.

Les rues de Khartoum et d’autres villes du Soudan ont connu d’importantes manifestations nocturnes lundi soir, et durant toute la journée d’hier, en réaction à la publication du décret relatif à l’état d’urgence instauré par Omar al-Bachir vendredi. Déstabilisé par deux mois de manifestations hostiles à son pouvoir, le président soudanais a publié lundi une série de mesures interdisant les marches ou rassemblements non autorisés, ordonnant à ses forces de sécurité à agir avec fermeté. “Il est interdit de se rassembler sans autorisation, le blocage des routes publiques ou d’entraver la circulation des citoyens et des moyens de transport”, lit-on dans le texte rendu public lundi soir. Pour al-Bachir, toute personne suspectée d’atteinte à l’autorité de l’État sera arrêtée et emprisonnée, donnant carte blanche à la police d’interpeller les gens et de les fouiller. Le président va encore loin dans sa riposte pour éteindre le feu de la contestation, en autorisant les arrestations de ceux qui lancent des publications hostiles au pouvoir sur les réseaux sociaux. Le chef de l’État n’épargne évidemment pas les médias auquel il livre depuis des semaines une guerre permanente de censure et d’arrestations des journalistes. Les contrevenants à ces mesures répressives risquent jusqu’à dix ans de prison et une importante amende. En réaction à la publication de ces mesures, les Soudanais sont sortis dans la rue en début de soirée lundi, à l’appel du syndicat des professionnels et d’autres organisations politiques et de la société civile, à l’avant-garde de la contestation sociale depuis le 19 décembre 2018. “Nous appelons notre peuple dans la capitale, dans tous les États (provinces), toutes les villes et tous les villages à descendre dans la rue maintenant pour exprimer leur rejet des nouvelles mesures d'urgence annoncées par le chef du régime”, a lancé dans un communiqué cette association qui fait partie d'une Alliance pour la liberté et le changement (ALC), repris par les médias locaux. “Nous défions le régime et nous n'avons pas peur de l'état d'urgence”, a clamé Erij, une manifestante, a rapporté l’AFP. “Nous n'avons qu'un seul objectif, c'est de pousser le président à quitter ses fonctions”, a-t-elle poursuivi. À Omdurman, ville jumelle de Khartoum, la police a tiré des gaz lacrymogènes dans l'enceinte de l'université pour femmes Ahfad, où des étudiants ont organisé un rassemblement lundi. Au pouvoir depuis trente ans, le président soudanais évite d’aller vers le tout-répressif, même si sa riposte a déjà fait une cinquantaine de morts et des dizaines d’autres blessés. Toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Omar al-Bachir continue toutefois à bénéficier du soutien de l’Égypte voisine et de certains alliés dans la région et les pays du Golfe. Mais son règne est plus que jamais fragilisé, dans un contexte social et économique interne des plus délicats.


Lyès Menacer


 



Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER