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Le premier tour des élections en Tunisie aura lieu demain

L’incertitude jusqu’au bout

Incertitude et tension planent sur l’élection. © D.R.

Dans un scrutin très incertain, sept millions de Tunisiens doivent choisir demain entre 26 candidats pour le premier tour de l’élection présidentielle.

La campagne électorale pour la présidentielle en Tunisie a pris fin hier, après onze jours de compétition entre les 26 candidats en lice. Jamais l’issue d’une élection à la fonction suprême n’aura été aussi imprévisible en Tunisie. Si quelques figures émergent parmi les 26 prétendants retenus par l’Isie (Instance supérieure indépendante pour les élections), il est pratiquement impossible de prédire quels seront les deux adversaires du second tour. Cette incertitude qui promet de durer encore jusqu’à demain soir est due selon certains observateurs aux conditions exceptionnelles de la tenue de ce scrutin. 
Prévue initialement le 17 novembre, la programmation dans l’urgence de cette élection avancée au 15 septembre, au lendemain du décès du l’ancien président Béji Caïd Essebsi, aurait chamboulé la classe politique tunisienne rendant de ce fait l’affirmation d’un successeur sérieux au défunt Essebsi difficile. S’ajoute à cela, selon d’autres observateurs, le nombre important des candidats, 26, qui aurait mis les électeurs tunisiens dans l’embarras. Le paysage politique tunisien totalement métamorphosé est également une des raisons qui vient rajouter de l’incertitude quant au choix des 7 millions d’électeurs appelés aux urnes dès demain. 
Le puissant parti Nidaa Tounes, qui avait porté au pouvoir le président Béji Caïd Essebsi en 2014, a depuis lors volé en éclats. Le parti islamiste Ennahdha a quant à lui perdu presque deux tiers de son électorat de 2011. Une situation qui a favorisé l’apparition de nouveaux acteurs politiques dont les plus actifs sont les populistes et les “anti-système”. 
Deux mouvances qui se sont frayé une place de choix. Pour la presse tunisienne, ce scrutin très attendu se déroulera autour de quelques figures. Elle retient au total cinq noms, à savoir Youcef Chahed, le candidat du parti Tahya Tounes ; Abdelfattah Mourou, candidat du parti Ennahdha ; Abdelkrim Zbidi, candidat indépendant ; Nabil Karoui, candidat du parti Qalb Tounes, et enfin le nom de Abir Moussi, candidate du Parti desturien libre. L’homme d’affaires Nabil Karoui, incarcéré depuis le 23 août, a été contraint de mener une campagne fantôme par procuration. L’Isie a néanmoins fait savoir qu’il restait habilité à se présenter, même depuis sa prison, étant donné qu’aucune cour de justice ne le lui a interdit. 
Dans une interview accordée jeudi au Crisis groupe international, Michaël Béchir Ayari, analyste tunisien, prévoit pour Nabil Karoui une bonne position lors de ce scrutin et ce malgré ses péripéties judiciaires. “Nabil Karoui, très engagé dans des activités caritatives, dépasse de plusieurs points ses adversaires”, a-t-il affirmé, soutenant que le magnat tunisien a su gagner la sympathie de la population de l’arrière-pays notamment. Dans ses prévisions, l’analyste tunisien accorde au candidat Kaïs Saïed, un indépendant antisystème très conservateur, la seconde place aux côtés de Abdelfattah Mourou, le candidat du parti d’inspiration islamiste Ennahdha, connu pour son pragmatisme. “Chahed et Abdelkrim Zbidi, un civil ministre de la Défense et partisan d’un régime présidentiel fort, se situent quelques points derrière, mais toujours dans le peloton de tête”, at-il ajouté, alors que, selon lui, Abir Moussi, “nostalgique de l’ère Ben Ali”, et Mohamed Abbou (opposant à Ben Ali et ministre chargé de la réforme administrative en 2011-2012) ainsi que Moncef Marzouki (président de la République de 2011 à 2014) ferment la liste des favoris à cette élection si particulière dans la forme. 
Dans le fond, il n'est pas sûr que les Tunisiens aient apprécié une campagne électorale lors de laquelle les candidats se sont montrés peu soucieux des préoccupations majeures des Tunisiens : la crise sociale et économique ainsi que la menace terroriste qui plane toujours sur le pays.
 

Karim Benamar


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