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Après la démission du Premier ministre intérimaire Abdel Mahdi

L’Irak entre dans la vacance institutionnelle

Abdel Mahdi, le Premier ministre irakien démissionnaire. © D. R.

Avec une classe politique plus que jamais divisée et empêtrée dans des querelles partisanes, l’Irak s’enfonce un peu plus dans la crise, alors que la contestation menace de basculer dans la violence. 

Le Premier ministre par intérim, Adel Abdel Mahdi, a annoncé, lundi soir, son désengagement de toutes ses fonctions, provoquant ainsi une vacance sans précédent de la primauté, chargée jusque-là d’expédier les affaires courantes. Cette annonce intervient 24 heures après la démission du Premier ministre désigné, Mohammed Tawfik Allaoui, qui a échoué à convaincre le Parlement irakien à siéger pour un vote de confiance.

Le renoncement d'Adel Abdel Mahdi à gérer  les  affaires  courantes  de  son secteur, en attendant que le président de la République désigne un nouveau Premier ministre, a aggravé la crise politique en Irak, alors que la rue en colère ne montre aucun signe d’essoufflement. Les manifestants continuent d’afficher leur opposition à toute alternative issue de la classe politique rejetée et accusée de faire passer ses intérêts partisans avant ceux du pays.

Le report, par trois fois, du vote de confiance du Parlement irakien renseigne si besoin est sur l’incapacité des formations politiques à dépasser leurs querelles et leurs divisions, empêchant ainsi le début d’une solution à une crise politique qui va en s’amplifiant. Quelques minutes après avoir jeté l’éponge, le Premier ministre, M. Allawi, s’est d’ailleurs fendu d’une déclaration virulente contre les partis politiques, responsables, selon lui, du statu quo. “Les partis politiques ne négocient que pour leurs propres intérêts sans aucun respect pour la cause nationale”, a-t-il affirmé.

Selon des observateurs,  les  guéguerres  politiques, source  de  blocage, se cristallisent notamment autour des pro et anti-Iran. Le soulèvement populaire inédit en cours a montré, en effet, l’étendue de l’influence politique du voisin iranien en Irak, créant des divisions sans précédent entre les partis politiques. Qu’ils soient chiites, sunnites ou kurdes ces partis sont eux-mêmes renvoyés dos-à-dos par la rue en révolte. 

Les manifestants irakiens réclament le renouvellement complet de la classe politique et la désignation de personnalités affranchies des chapelles politiques traditionnelles, d’une part, et la fin de la cooptation en fonction des communautarismes et confessionnalismes ayant régi la vie politique en Irak depuis des décennies. Plusieurs centaines de protestataires sont sortis d’ailleurs, lundi et mardi, pour exprimer leur rejet des “solutions de replâtrage” qui ne font que reconduire l’ancien système décrié.

Dans ce contexte de blocage sans précédent, la banqueroute économique de l’Irak, qui croule déjà sous une dette faramineuse, estimée selon les dernières données, à plus de 50 milliards de dollars, continue d’enfoncer le pays dans l’incertitude. Les analystes craignent que la faillite financière n’amplifie davantage la colère des Irakiens et le basculement de la contestation dans la violence. 
 

K. BENAMAR

 


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