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A la une / International

Adoption de la réforme constitutionnelle au Sénégal

Macky Sall va concentrer tous les pouvoirs

Macky Sall, président du Sénégal. © D. R.

Macky Sall ramène le Sénégal des années en arrière et ouvre la voie à un régime présidentiel qui lui permettra de concentrer tous les pouvoirs. Cela fait peser beaucoup de craintes sur la démocratie dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest.

Une nouvelle réforme de la Constitution sénégalaise a été adoptée, tard samedi, par un Parlement majoritairement acquis au président Macky Sall, qui s’offre une voie royale pour un absolu. Car, selon le texte voté par 121 députés, contre 7 seulement qui ont dit non, le poste du Premier ministre sera supprimé. Tout en offrant la garantie à l’Assemblée de ne pas être dissoute par le chef de l’État, Macky Sall s’accorde toutefois la possibilité de protéger son gouvernement contre toute motion de censure des députés. Outre la suppression du poste de Premier ministre, prévue à brève échéance, l'autre grand changement sera que le président de la République ne pourra plus dissoudre l'Assemblée nationale, laquelle ne pourra plus déposer une motion de censure pour renverser le gouvernement.

Le président de la République peut ainsi prendre des décisions que le Parlement ne pourra pas stopper, selon le nouveau texte de la Constitution, qui avait proposé vingt-deux articles pour adoption. Cette réforme n'est pas “politique”, mais “uniquement technique et administrative”, “l'objectif n'est pas d'accroître les pouvoirs du président de la République”, s’est justifié devant les députés le ministre de la Justice Malick Sall face aux critiques de l'opposition, durant une séance de discussion et de vote qui a duré neuf heures, mais sans le moindre suspense. “Cette réforme va permettre au président de la République d’être en contact direct avec les niveaux d’application, de mise en œuvre, de suivi et d’évaluation des politiques publiques”, a expliqué le ministre de la Justice, a rapporté l’Agence de presse sénégalaise (APS). Mais pour l’opposition, cet argument ne tient pas la route, comme le montre de nombreuses expériences sur le continent africain.

De plus, une telle réforme n’a jamais été évoquée durant la campagne électorale, dénonce l’opposition. Au pouvoir depuis 2012, et réélu fin février, Macky Sall a promis d'accélérer les transformations de l'économie sénégalaise, et entend, par la suppression du poste de Premier ministre, mettre fin aux “goulets d'étranglement” en étant “directement au contact avec les niveaux administratifs”, selon ses services. Les principaux partis d'opposition se sont opposés à la révision constitutionnelle. “C'est un recul démocratique. On ne peut pas concentrer tous les pouvoirs entre les mains d’une seule personne”, a déclaré à l'AFP Toussaint Manga, porte-parole du groupe Liberté et démocratie, formé par les fidèles de l'ex-président Abdoulaye Wade. M. Manga a fustigé la “boulimie de pouvoir” du président Macky Sall, sa volonté de “tout accaparer”. “Lorsqu'on fait une révision constitutionnelle majeure, il est nécessaire de faire un large consensus avec la classe politique et la société civile. Malheureusement, le président de la République a décidé de façon unilatérale”, a jugé M. Manga. 
 

Lyès Menacer/Agences



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