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Ils ont fui la Birmanie pour le Bangladesh

Manifestation des Rohingyas dans un camp de réfugiés

Des dizaines de milliers de réfugiés rohingyas ont manifesté, samedi dernier, dans les camps de réfugiés du Bangladesh. © D. R.

Installés dans le plus grand camp de réfugiés dans le monde, les Rohingyas espèrent  aujourd’hui regagner leur pays. En août 2017, ils étaient plus 700 000 à fuir la répression de l’armée birmane, qualifiée de génocide par l’ONU. 

Quelque 200 000 Rohingyas musulmans ont manifesté hier, dans le plus grand camp de réfugiés au monde, au Bangladesh, pour commémorer le deuxième anniversaire de leur exil de Birmanie. En 2007, plus de 740 000 Rohingyas avaient fui l'État birman de Rakhine (ouest), au lendemain d’une répression féroce de l'armée birmane contre cette minorité musulmane.

Des familles entières avaient rejoint, dans des conditions extrêmes, les 200 000 réfugiés victimes de persécutions et déjà installés dans des camps de l'autre côté de la frontière, au Bangladesh. La manifestation d’hier se voulait une halte commémorative pour que nul n’oublie les violences et les atrocités à grande échelle commises par l’armée birmane.

Des enfants, des femmes voilées et des hommes vêtus de pagnes se sont rassemblés dans le camp en criant “Dieu est grand, longue vie aux Rohingyas!”, selon des médias sur place. Sous un soleil de plomb, ils voulaient rappeler que ce qu’ils ont subi est un génocide. “Je suis venue là pour demander justice pour le meurtre de mes deux fils.

Je continuerai à me battre jusqu'à mon dernier souffle”, a déclaré Tayaba Khatun, 50 ans, cité par l’AFP. Au lendemain des répressions massives, un rapport des Nations unies, rendu public le 28 août 2018, avait accusé les généraux birmans de commettre un génocide contre la minorité musulmane du pays.   Selon le très sérieux rapport onusien, au moins 10 000 musulmans Rohningyas avaient été massacrés dans des tueries aveugles.

Le rapport de l’ONU avait fait également mention de dizaines de viols collectifs des femmes, l’agression d’enfants et l’incendie de villages entiers. La Birmanie a rejeté ces accusations, affirmant s'être défendue contre des attaques de rebelles rohingyas contre des postes de police.

Un leader des Rohingyas, Mohib Ullah a déclaré hier, que les membres de cette minorité apatride souhaitaient retourner vivre en Birmanie, mais sous trois conditions: avoir des garanties quant à leur sécurité, obtenir la nationalité birmane et pouvoir retourner dans leurs villages. “Nous avons demandé au gouvernement birman l'ouverture d'un dialogue mais nous n'avons obtenu aucune réponse jusqu'à présent”, a déclaré M. Ullah, cité par l’AFP.

“Nous avons été frappés, tués et violés à Rakhine. Mais qu'importe, c'est toujours chez nous là-bas. Et nous voulons y retourner.” Environ 200 000 Rohingyas ont participé à ce rassemblement pacifique, a indiqué un officier de police, Zakir Hassan.

La sécurité a été renforcée dans le camp de réfugiés de Kutupalang, le plus  grand du monde, où vivent plus de 600 000 Rohingyas. Le Bangladesh et la Birmanie ont signé un accord de rapatriement des réfugiés en 2017 mais deux tentatives, en novembre puis cette semaine, ont échoué car ils refusaient de partir.  
 

Karim Benamar./ Agences

 



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