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A la une / International

Dans un climat de persistance des clivages politiques

Manifestations après l’assassinat de journalistes en Irak

La vague de contestations reprend de plus belle en Irak. © D.R.

Plusieurs tirs à balles réelles contre les manifestants ont été entendus hier dans la ville de Kerbala, au sud-ouest du pays, faisant plusieurs blessés parmi les manifestants qui accusent des milices, selon des médias irakiens. 

La contestation en Irak a repris de plus belle, après l’assassinat, vendredi dernier, de deux journalistes très appréciés par les Irakiens pour leur couverture des manifestations depuis le début du mouvement de contestation, le 17 octobre 2019. Hier, des milliers de manifestants sont sortis dans plusieurs villes du pays pour réclamer le départ de la classe politique et la formation d’un gouvernement de compétences. 
Dans certaines villes du pays, comme à Kerbala, dans le sud, des médias ont rapporté des violences ayant émaillé les rassemblements organisés par les protestataires. Certaines sources ont évoqué plusieurs blessés suite à des tirs de balles réelles par des hommes armés non identifiés, des milices selon des témoins. Dans la capitale, Bagdad, des milliers d’Irakiens ont organisé des rassemblements contre le Premier ministre démissionnaire Adel Abdel Mahdi, qui tente de se repositionner en profitant de l’escalade entre l’Iran et les États-Unis. Les habitants de la capitale, rassemblés à la place Tahrir, épicentre de la contestation, ont exprimé leur rejet des nouvelles consultations menées par le Premier ministre pour la formation d’un gouvernement. 
Dans la ville de Najaf et à Kerbala, au sud du pays, c’est les étudiants qui ont marqué cette nouvelle journée de protestation par l’organisation d’un grand rassemblement pour exiger le départ de toute la classe politique et la cessation des cooptations au sommet de l’État sur des bases confessionnelles et communautaires. Les universités et les écoles ont été fermées depuis plusieurs jours déjà dans ces deux villes, alors que les principaux axes routiers étaient jusqu’à hier coupés à la circulation. 
Plusieurs centaines d’entre les étudiants ont scandé également des slogans anti-Iran, accusé de manipulation et d’ingérence “flagrante” dans les affaires intérieures du pays. Les États-Unis ont également été la cible des protestataires qui ont réclamé le départ de toutes les troupes étrangères se trouvant sur le sol irakien, à leur tête la coalition menée par Washington. 
Les Irakiens refusent que leur pays soit le théâtre d’une nouvelle guerre opposant les deux puissances, après l'assassinat du général Qassem Soleimani par une frappe militaire américaine et la riposte, ensuite, iranienne qui a ciblé deux bases militaires abritant des soldats américains. 
La plus haute autorité religieuse du pays, Ali Sistani, a vivement condamné la confrontation entre les États-Unis et l'Iran sur le sol irakien, dénonçant une atteinte à la souveraineté nationale. Depuis le début de la contestation, 460 Irakiens ont été tués, la plupart des manifestants tués par balles réelles. Outre les forces de sécurité tenues responsables de plusieurs tueries suite à des répressions meurtrières, les Irakiens accusent des milices à la solde de l’Iran d’assassinats et d’enlèvements de plusieurs manifestants. 
 

Karim Benamar



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