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La révision constitutionnelle approuvée par référendum

Présidence illimitée pour al-Sissi

Abdel Fattah al-Sissi, président d'Égypte. © D. R.

Avec cette “réforme constitutionnelle”, al-Sissi ferme définitivement la parenthèse de la révolution de 2011 et offre à l’armée une nouvelle ère de pouvoir absolu en Égypte.

L’Égypte a achevé mardi soir le processus du retour dans le giron des militaires, à l’issue du référendum aux résultats douteux sur la réforme constitutionnelle, qui permet un règne illimité à Abdel-Fattah al-Sissi sur le pays.En effet, la révision constitutionnelle controversée, permettant la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi et renforçant les pouvoirs de l'ex-maréchal accusé de graves violations des droits humains en Égypte, a été approuvée par référendum à 88,83%, a annoncé mardi soir l'autorité nationale des élections.Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé lors d'une conférence de presse au Caire que 11,17% des électeurs “se sont prononcés contre” cette réforme et que “le taux de participation (...) a atteint 44,33%”. Les Égyptiens ont voté du samedi 20 au lundi 22 pour ou contre la modification de plusieurs articles de la Constitution de 2014, qui limitait notamment la présidence à deux mandats consécutifs de quatre ans. 

Le scrutin de trois jours s'est déroulé “dans un climat démocratique stimulé par la liberté”, a insisté M. Ibrahim. Mais le référendum a été organisé en un temps record, quatre jours après un vote au parlement, et sans véritable débat de fond dans les médias sur les enjeux de la réforme. “Le référendum s'est déroulé dans un environnement tellement injuste et non libre que ses résultats ne peuvent prétendre à une quelconque légitimité”, a dénoncé Michael Page, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. 
L'ex-maréchal, aujourd'hui âgé de 64 ans, a été élu président en 2014 avec 96,9% des voix, un an après avoir renversé avec l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en 2018 à 97,08%. La révision constitutionnelle permet de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant son terme à 2024. L'ex-maréchal pourra se représenter à un troisième mandat, de six ans, lors de l'élection de 2024. Environ 27 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes sur plus de 61 millions enregistrés dans le pays le plus peuplé du monde arabe, selon M. Ibrahim.Au-delà du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle permet le contrôle du chef de l'État sur le système judiciaire, avec un pouvoir de nomination des chefs de juridictions. La réforme octroie également un pouvoir politique à l'armée, pilier du régime de M. Sissi. “Ces amendements constitutionnels renforcent l'exécutif et l'armée au détriment d'un système judiciaire et législatif affaibli”, a expliqué à l'AFP Mai El-Sadany, responsable des questions juridiques au groupe de réflexion The Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep), basé à Washington. 
Selon elle, la réforme “mine la séparation des pouvoirs, porte atteinte à l'État de droit et réduit au silence les espaces pour la dissidence indépendante”.
 

L. M./Agences



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