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Alors que Téhéran étend son influence en Irak

Washington accentue les pressions sur Bagdad

Mike Pompeo, secrétaire d'État américain. © D. R.

Les États-Unis qui voient d’un mauvais œil l’influence politique grandissante de l’Iran en Irak vont accélérer leurs sanctions sur l’économie irakienne déjà menacée d’effondrement.

Les États-Unis  accentuent  de  plus  en  plus  les pressions  sur  le  pouvoir irakien  en place, en s’attaquant à son économie, déjà très fragile. Washington concrétise ainsi les menaces de sanctions lancées par le président américain Donald Trump, début janvier, en réaction à une résolution sur le retrait des forces étrangères de ce pays, votée par le Parlement de Bagdad. Washington a décidé de réduire à 45 jours l’exemption accordée à l’Irak en matière d’importation de l’énergie électrique de l’Iran octroyée à Bagdad et qui s’étale habituellement sur 3 ou 4 mois. 

Ces exemptions poussent en même temps l’Irak à réduire sa dépendance énergétique de l’Iran voisin. L'Irak, où les coupures d'électricité durent parfois 20 heures par jour, en été notamment, peut se trouver dans une situation sans précédent s’il venait à faire face à une grande pénurie énergétique. Pis encore, selon des observateurs, les pressions américaines peuvent à très court terme mener toute l’économie irakienne, déjà fragilisée, à l’effondrement.

L'économie irakienne et sa monnaie plongeraient alors, car les revenus du pétrole représentent 90% des recettes publiques. Et dans le cas où Washington déciderait de ne plus renouveler son exemption, Bagdad n'aurait que deux options : faire face à des pénuries massives ou continuer d'importer de l'énergie iranienne mais s'exposer à ce moment à de graves sanctions collatérales américaines.

Cette dernière option semble, selon des experts, de plus en plus réaliste au vu des tensions grandissantes entre l’Irak et les États-Unis. En plus de la montée du sentiment anti-américain depuis l’assassinat, le 2 janvier dernier par les États-Unis, du général iranien Qassem Soleimani à Bagdad, Washington voit régulièrement ses intérêts visés en Irak.

Au moins une vingtaine d'attaques à la roquette – la dernière remontant à jeudi dernier – ont visé des sites et des bases américains dans ce pays. En réaction, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a averti que “si ces attaques se poursuivaient, son pays mettrait un terme aux négociations sur un renouvellement de l'exemption”, a confié récemment un haut responsable irakien, cité par des médias.

Ces pressions se sont en partie concrétisées à travers la Réserve fédérale américaine, la FED. Il faut savoir que chaque mois, c'est cette banque qui pourvoit en dollars la banque centrale irakienne. Elle envoie entre un et deux milliards de dollars, puisés dans les revenus du pétrole irakien stockés aux États-Unis.

Or, le mois dernier, cet envoi a été retardé de plus d'une semaine pour “des raisons politiques”, ont assuré des hauts responsables irakiens cités par des médias. Si Washington envisageait l'option de fermer le robinet à dollars depuis des mois, le vote du Parlement irakien appelant Bagdad à expulser les 5200 soldats américains du pays semble avoir accéléré les choses. 
 

Karim Benamar

 

 


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