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L’Algérie profonde / Ouest

Oran croule sous les ordures

Grève des entreprises de collecte des détritus

La grève des éboueurs d’Oran donne à la ville un aspect repoussant. © D. R.

Selon les grévistes rencontrés sur place, 85 concessionnaires observent le débrayage depuis mercredi dernier, ce qui explique la multiplication des décharges dans l’ensemble de la wilaya, au grand désespoir des citoyens qui ne savent plus comment gérer les déchets ménagers.

Les entreprises privées de ramassage d'ordures conventionnées avec la commune d'Oran sont en grève et ne comptent pas reprendre leurs activités de sitôt. “La commune n'a pas respecté les termes du contrat qui nous lie. Nous nous sommes entendus sur 1700 DA par tonne ramassée et, aujourd'hui, on apprend que l'APC a décidé unilatéralement de réduire le montant à 1500 DA. Nous ne sommes pas d’accord et nous demandons le respect du contrat initial et le paiement de nos arriérés”, exigent, documents à l’appui, les concessionnaires dont les engins étaient stationnés devant le siège de la division hygiène et assainissement (DHA) à Hay Dhaya.

Selon les grévistes rencontrés sur place, pas moins de 85 concessionnaires observent le débrayage depuis mercredi dernier, ce qui explique la multiplication des décharges dans l’ensemble de la wilaya, au grand désespoir des citoyens qui ne savent plus comment gérer les déchets ménagers. Dans le centre-ville comme en banlieue, les monceaux d’ordures débordent des bacs, occupent les trottoirs et submergent parfois une partie de la voie automobile.

“Les ordures ne quittent plus nos trottoirs, et j’ai même vu des chiens errants y farfouiller pendant la nuit. Les autorités doivent réagir et vite”, s’inquiète une habitante de la commune de Belgaïd en craignant l’apparition de maladies liées au manque d’hygiène. Pour les concessionnaires grévistes – dont beaucoup disent avoir créé leur entreprise par l’entremise des dispositifs d’aide aux jeunes comme l’Ansej – la faute en incombe aux gestionnaires communaux qui n’honorent pas leurs engagements.

“Certains parmi nous détiennent des créances qui remontent à 2014 et 2015. Malgré tout, nous avons continué de travailler, mais il y a des limites à tout !”, s’est emporté un gréviste en dénonçant également l’interdiction qui leur a été récemment faite d’opérer une rotation au lieu des deux stipulées dans le contrat. “Il y a un sérieux problème de gestion au niveau de la commune.

Regardez comment les éboueurs sont considérés dans les pays développés et comparez au mépris avec lequel nous sommes traités”, regrette un gréviste. Selon les concessionnaires en grève, “seulement 25 camions font face aux énormes quantités d’ordures générées tous les jours”. Bien entendu, ce sont les quartiers de la banlieue qui en font les frais, puisque la priorité est donnée au centre-ville dont l’aspect était complètement défiguré, dimanche matin, avant le passage des camions en début d’après-midi.

Cette énième grève des éboueurs d’Oran remet sur le tapis l’incapacité évidente des autorités locales à gérer un dossier que l’on promettait de fermer définitivement, il y a plusieurs années. En 2011, faut-il le rappeler, l’Agence nationale des déchets (AND) avait lancé une étude pour établir un état des lieux précis de l’outil de gestion de collecte des déchets ménagers.

On avait ainsi confié à GTZ, un organisme de coopération allemand, la tâche de récolter des données sur le volume exact et la nature des déchets, les points de ramassage et les itinéraires de collecte, la situation de la circulation automobile et des circuits empruntés par les véhicules de ramassage, le conditionnement des déchets, l'état du parc roulant et du matériel, les ressources humaines mobilisées…, le tout pour mettre en place un schéma directeur de gestion de déchets. Nous ignorons si l’outil a été effectivement mis en place, mais nous savons que la situation n’a pas vraiment changé pour la capitale de l’Ouest qui n’arrive décidément pas à se défaire de ses déchets.
 

S. Ould Ali

 



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