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Économie / Perspectives

Brahim Aflah Hadj Nacer, General Manager de Zyriab Voyages

“L’Algérie, un beau produit qu’on ne sait pas mettre en valeur”


Liberté : L’Algérie organise chaque année un salon dédié au tourisme. Or, plutôt que de promouvoir la destination Algérie, certaines agences s’ingénient à faire la promotion de la Tunisie, la Turquie, les pays asiatiques... à l’heure où la crise que vit le pays suppose que l’on réfléchisse à diversifier les sources en devises. Quel commentaire pouvez-vous en faire ?
Brahim Aflah Hadj Nacer : Le tourisme peut être non seulement une véritable source en devises, mais pourrait devenir la première source pourvoyeuse de devises. L’Algérie dispose pratiquement de tous les atouts contribuant à faire du pays une grande destination touristique. Nous avons un pays-continent riche en cultures et en potentialités, aussi bien en stations balnéaires qu’en destinations sahariennes, sans omettre, bien évidemment, les reliefs, les sites historiques, etc. C’est dire que l’Algérie peut présenter, aujourd’hui, une palette complète de ce que peut offrir un pays à vocation touristique.

Certes, l’Algérie est une belle carte postale à faire valoir, mais pourquoi le pays a-t-il échoué là où ses voisins ont réussi ?
Il y a une très mauvaise compréhension de l’activité touristique ; nos décideurs ne connaissent pas la valeur exacte du potentiel touristique de notre pays. Les hydrocarbures, cette richesse qui a aidé nombre de secteurs à se développer, ont, en revanche, inhibé les bonnes réflexions autour de la place du tourisme dans le développement du pays. Preuve en est que lorsqu’on parle du tourisme et de l’agriculture, on les présente comme une alternative aux hydrocarbures. La mauvaise compréhension est là. Le tourisme peut être un levier économique à part entière et non seulement un secteur secondaire auquel l’on peut accrocher les espoirs de sortie du tout-hydrocarbures. L’absence de volonté politique se dresse comme une digue devant l’essor de l’activité touristique. Or, il est temps de donner au tourisme sa véritable place dans l’économie et redonner à la destination Algérie ses lettres de noblesse. Une fois que la décision politique est prise, le reste du travail suivra mathématiquement. Pour rattraper le retard, il faudra réfléchir à une véritable stratégie à même de sortir le secteur de son sous-développement. Cette stratégie doit être confiée à des experts nationaux et internationaux, lesquels doivent faire des propositions pratiques en mesure de remettre l’Algérie sur les destinations de choix des tours operators. Nous avons un soubassement non négligeable qui offre des avantages comparatifs intéressants. Je cite entre autres le climat, les sites, les infrastructures hôtelières, une bonne chaîne routière, une bonne couverture en réseaux de transport aérien avec, comme élément incitatif, des remises importantes sur les destinations du Sud, etc. Toutefois, l’élément humain fait défaut, mais ce déficit n’est aucunement une fatalité, parce qu’une bonne formation pourra combler le vide en matière de compétences. 

Quels sont les principaux obstacles qui font que le tourisme en Algérie ne capte pas assez de consommateurs aussi bien étrangers que nationaux ?
L’Algérie est l’une des plus belles destinations touristiques qui n’est pas ouverte au monde. Avoir un visa pour l’Algérie relève d’un véritable parcours d’obstacles. Nous devons commencer par s’ouvrir au monde et accepter de recevoir des étrangers. Il y a différentes manières d’accorder des visas aux touristes étrangers, dont la formule des visas électroniques. Outre le casse-tête des visas, la promotion de la destination Algérie ne se fait pas dans les règles de l’art ; le budget dédié à la communication est pour le moins dérisoire, alors que la communication elle-même se fait de manière archaïque. La communication autour des produits et destinations touristiques a beaucoup évolué, et nous devons être percutants et ingénieux pour pouvoir faire la différence sur le marché, de plus en plus sophistiqué et exigeant. L’Algérie, c’est un beau produit qu’on ne sait pas mettre en valeur. 

Les destinations Sud sont réputées les plus enchanteresses de ce qui puisse exister en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Or, le grand Sud semble être déserté par les investisseurs. Pensez-vous qu’il y ait réellement un déficit en investissements dans les régions Sud ? Autrement, quels peuvent être les doléances des opérateurs locaux et nationaux ?
Il est vrai que les destinations Sud ne sont pas demandeuses de gros investissements, mais il y a tout de même un minimum requis. Le Sud algérien, aussi prometteur et aussi envoûtant soit-il, requiert, qu’on le veuille ou pas, une bonne communication à l’international, chose qu’on ne sait pas faire pour le moment. Le peu de communication qui existe est fait sur effort propre des opérateurs, privés et publics, alors que l’État demeure le grand absent dans cette entreprise. Du reste, nos populations du grand Sud savent faire du tourisme, pour peu qu’elles soient aidées et organisées. Ce qui manquerait pour le Sud serait d’aider les opérateurs locaux à renouveler et enrichir leur parc automobile. Quant à nous, professionnels du secteur, nous espérons qu’il y ait cette volonté politique tant attendue et qui ouvrira, à coup sûr, d’importantes perspectives au secteur. Nous avons besoin aussi que l’État prenne en charge la communication autour de la destination Algérie ainsi que la formation aux métiers du tourisme.
 

Propos recueillis par : Ali Titouche


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