Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Reportage

Confinement, problème d’électricité, impraticabilité des chemins, invasion d’acridiens, parasites…

Menaces sur la filière datte


ÀTolga l’enchanteresse, où la nature étend, à perte de vue, son manteau tout vert, nous avons rencontré le jeune Hocine Adjani, un trentenaire diplômé de l’UMK de Biskra, passionné par le travail de la terre. “Rien ne remplace cette passion, pas même un poste d’emploi dans la Fonction publique”, se targue Hocine, pour qui l’agriculture confère un plaisir ineffable. “Quand je me mets au boulot, j’oublie tout ce qui m’entoure ; une seule et unique idée fixe m’occupe l’esprit, me donner à fond à l’agriculture, à laquelle je suis attaché par tant de liens.

Une activité passionnante que j’exerce depuis de longues années. Il est vrai que ça rapporte, et ce n’est d’ailleurs un secret pour personne, mais c’est aussi une torture”, raconte ce jeune agriculteur. Toutefois, ce n’est pas toujours le bon champ à labourer, Hocine trouve du mal à commercialiser son produit. “Nous sommes frappés de plein fouet par les retombées de cette inédite crise sanitaire. Les commerçants, avec qui nous sommes habitués à travailler, sont absents cette année en raison de la panoplie de mesures de sécurité décrétées par l’État.

Ils venaient d’un peu partout du pays. D’Alger, de Tizi Ouzou et d’Oran notamment”, se plaint notre interlocuteur, lequel, via notre journal, exhorte les hautes sphères du pays à alléger, un tant soit peu, les mesures de confinement pour que ces commerçants puissent se déplacer. “Nous ne pouvons absolument rien faire dans ces conditions, juste stocker encore ces quantités de dattes, dont la récolte a été très difficile”, regrette-t-il.

Outre la difficulté de commercialisation, Hocine énumère avec regret une multitude de tracas qui risquent de compromettre la filière dattière. Il explique, à ce titre, que l’électricité agricole est aussi un des problèmes majeurs dont souffrent beaucoup d’agriculteurs. “L’électricité est pour le commun des mortels non moins indispensable pour l’agriculture, car sans elle, nous ne pouvons pas irriguer nos jardins. Je saisis cette occasion pour réitérer mon appel aux services concernés à nous rendre visite pour s’enquérir de très près de la situation.

L’alimentation en énergie électrique demeure toujours le nœud gordien non encore tranché”, se plaint notre interlocuteur. En plus de cet inconvénient, ce jeune fellah relève aussi le souci de l’invasion des acridiens, le Boufaroua comme exemple, un parasite qui menace la production phœnicicole. Et d’ajouter : “Un autre parasite appelé Myeloïs s’en prend aux dattes.” 

Les palmeraies de Hocine et de la totalité des agriculteurs sont confrontées à la présence d’importants foyers de Bouferoua. Pour faire face à ce parasite ravageur du palmier dattier, les fellahs, adonnés à la phœniciculture, appellent “les équipes techniques des services de l’agriculture à intervenir de façon à multiplier leurs campagnes de lutte phytosanitaire, à pourchasser ces parasites ravageurs qui se manifestent notamment en période de forte chaleur, et dont les dégâts sont, comme lors de chaque saison de récolte, énormes”. Notre interlocuteur explique que “les parasites infestent les dattes, en les couvrant complètement d’une toile semblable à celle de l’araignée. Et, par conséquent, elles se vident de leur chair et deviennent ainsi inconsommables”. 


Peinant à écouler sa marchandise invendue, ce jeune producteur propose son produit stocké à l’unité locale de commercialisation de dattes, à des prix, selon lui, dérisoires. “Pour éviter que le produit ne soit périmé, je le cède à l’unité, à raison de 120 DA le kg. Les quantités dont je dispose sont, comme toute marchandise de quelque nature qu’elle soit, soumises à la loi de l’offre et de la demande, vendues à 300 DA le kg, contrairement à la saison passée où elles étaient cédées à pas moins de 380 DA le kg”, conclut-il. 
L’interlocuteur déplore également l’impraticabilité des chemins agricoles menant aux nombreuses palmeraies de la région de Tolga. Dans leur totalité, les fellahs espèrent voir bitumés ces chemins.

 

 


H. B.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER