L’Actualité L’UNIVERSITAIRE BACHIR MAZOUZ PLAIDE POUR DES RAPPORTS ÉTAT-CITOYENS APAISÉS

Comment gérer les tensions de gouvernance publique ?

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Yahia ARKAT Publié 23 Octobre 2021 à 23:49

© D. R.
© D. R.

Il est plus évident de gérer les tensions de gouvernance par la modernisation de l’État avec des outils de gestion au bas de l’échelle que par sa réforme stricto sensu impliquant valeurs et croyances, croit savoir Bachir Mazouz, professeur titulaire à l’École nationale de l’administration publique (Enap) du Québec.

Intervenant lors d’une conférence vendredi soir au consulat général d’Algérie à Montréal, le Dr Mazouz a tenté d’apporter des éléments de réponse à la problématique de la gestion des tensions de gouvernance publique, en plaidant pour des rapports apaisés entre l’État et les citoyens. 

Le conférencier postule que le système de gouvernance est formé, dans l’absolu, de quatre niveaux de hiérarchisation : les institutions incarnant les valeurs et la culture de croyance, les organisations (ministères, agences, entreprises, etc.), le cadre administratif officiel de gestion (lois, règlements, décrets) et les outils de gestion (opérationnel).

Pour l’orateur, le système est générateur de tensions en raison, notamment, de l’exécution de ses programmes publics. L’État a adossé son autorité sur des valeurs qui ne font pas forcément consensus dans la société, ce qui est en soi une source de tensions.

Les Sciences-po le théorisent : il y a crise quand les institutions et les structures de l’État ne jouent pas pleinement leur rôle. M. Mazouz remonte jusqu’à l’indécence pour retracer les épisodes conflictuels qui ont débouché sur des crises, parfois majeures.

Les maquis du FFS en 1963, le Printemps berbère d’Avril 1980, Octobre 1988, le Printemps noir de 2001 et l’insurrection citoyenne de Février 2019 constituent des haltes aux citoyens pour aspirer à l’exercice de la démocratie.

Cette forme de gouvernance moderne permet l’imputabilité des dirigeants et l’évaluation des politiques et programmes publics. Une perspective que refusent les États sous-institutionnalisés, comme le nôtre.

C’est d’ailleurs le cas pour toute la région Mena, précise le docteur Mazouz. En revanche, avec des outils de gestion performants, il est possible de faire bouger les lignes à partir de la base, estime encore l’universitaire.

Pour ce dernier, avec de tels outils, on peut revoir le cadre administratif et déboucher sur des chartes des services, des conventions, des évaluations, lesquelles mèneraient à une autonomie de gestion des organisations.

“Les tensions peuvent paralyser les structures de l’État, alors que l’inertie permet au système de résister au changement”, analyse Bachir Mazouz.

La solution aux tensions ? Selon le professeur de l’Enap, elle repose sur le triptyque suivant : qualité de services aux citoyens et entreprises, reddition de comptes et optimisation des moyens et ressources disponibles.

En plus de permettre la modernisation de l’État, les outils de gestion, quand ils sont performants et efficients, participent à rendre effective la disposition de la Constitution qui postule que “l’État est au service exclusif du peuple”, conclut-il.
 

De Montréal : YAHIA ARKAT

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