L’Actualité ILS SONT ENCORE DANS LES MORGUES ESPAGNOLES

Des corps de harraga non identifiés

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Said OUSSAD Publié 09 Mars 2022 à 21:44

Certains corps sont en décomposition avancée. Il est donc difficile les identifier de visu. © D. R.
Certains corps sont en décomposition avancée. Il est donc difficile les identifier de visu. © D. R.

Au moins 413 harraga algériens ont disparu en 2021 en tentant de rejoindre les côtes espagnoles, année qui a vu le naufrage de 51 embarcations, selon le CIPIMD.

Si la présence de corps non identifiés de harraga algériens dans les morgues espagnoles ne fait plus aucun doute, Francisco José Clemente Martin, du Centre international pour l’identification de migrants disparus (CIPIMD), vient d’en donner des détails troublants sur sa page Facebook.

“Vous êtes nombreux à me demander s’il y a des corps non identifiés en Espagne”, écrit-il, et la réponse est “oui, beaucoup”. À ce propos, il donne l’exemple des îles Baléares où il cite avoir connaissance de plus de 30 corps non identifiés pour l’année dernière. Pour lui, le problème se situe au niveau de “certains responsables de la Guardia civile”, accusés de ne pas faire de l’identification de ces corps une priorité, notamment lorsqu’il s’agit de morts “arabes ou noirs”. 

Un racisme ordinaire dans les institutions qui se répète dans d’autres casernes de la “gendarmerie” espagnole, assure-t-il, en affirmant que les autorités sécuritaires de son pays “ne veulent collaborer avec aucune ONG” en les alimentant avec les photos de ces corps ou les objets personnels trouvés sur les noyés ou à proximité des lieux de naufrage. 

Il va plus loin en indiquant que même les consulats algériens n’obtiennent pas d’informations. Francisco José Clemente Martin en appelle à “la presse internationale” pour dénoncer ces actes commis par certaines personnes. 

Des nouvelles qui ne sont pas pour réconforter les familles algériennes, dans le brouillard le plus total concernant la disparition d’un des leurs. En effet, selon le CIPIMD, au moins 413 harraga algériens ont disparu en 2021 en tentant de rejoindre les côtes espagnoles, année qui a vu le naufrage de 51 embarcations qui transportaient 487 personnes.

La présidente du CIPIMD, Marie-Ange Colsa Erreira, a estimé que les Algériens représentent “plus de 90%” des disparus recensés en Espagne. Quant à la question de l’identification des corps, elle a indiqué qu’elle se poursuit en parallèle avec l’opération de recensement du nombre de victimes identifiées et remises à leurs familles.

De son côté, Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (Laddh), a recensé des signalements de plusieurs familles de disparus, originaires notamment de la wilaya de Béjaïa.

“Il est impossible, en l’état, de savoir ce qu’il est advenu des jeunes qui n’ont pas donné signe de vie, surtout que les autorités algériennes ne donnent aucun chiffre sur le phénomène”, a-t-il commenté. 

“Certains corps sont en décomposition avancée. Il est donc difficile, voire impossible de les identifier de visu. Pour cela, il faut des tests ADN. Mais cela risque de prendre énormément de temps parce que seules les autorités judiciaires peuvent faire cela”, a-t-il expliqué. Selon lui, certains corps ont pu être identifiés grâce à des objets qu’ils portaient ou à leurs vêtements. 

L’ONG algérienne avait déjà évoqué le sujet de ces disparus en assurant les familles que l’Espagne ne pratiquait pas l’incinération des corps non identifiés. D’après elle, pour les harraga disparus ou morts en mer, les procédures d’identification prennent parfois des mois. Passé un certain délai, ces corps sont inhumés avec des numéros d’identification. 

Pour rappel, le CIPIMD a mis en ligne, sur sa page Facebook et sur celle de Francisco José Clemente Martin, un formulaire à remplir par les familles de harraga disparus en mer.

Ainsi, il est demandé “en urgence” aux familles des disparus de renvoyer ces formulaires accompagnés de la photocopie de la carte d’identité de la personne recherchée, ainsi que celle de ses parents.

Entre autres informations, il est également demandé l’affiliation du disparu, le lien de parenté avec ceux qui le recherchent, la date, l’heure, ainsi que la ville de départ. 

Le nombre de personnes à bord, la description physique de la personne disparue et les vêtements qu’elle portait font également partie des indications demandées. Le CIPIMD affirme que seuls les proches des disparus qui prouveront le lien de parenté avec le disparu seront informés des résultats des recherches.
 

SAÏD OUSSAD

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