L’Actualité

L’adieu aux plumes, le retour

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Said OUSSAD Publié 14 Avril 2022 à 12:00

L’e-mail envoyé par Ilyès, le dernier responsable en charge de la rubrique Région, demandant un court texte sur notre expérience à Liberté, pose comme un sérieux problème de mémoire à convoquer pour un ultime papier d’une carrière, du moins au sein de ce titre trentenaire, qui finit peu conventionnellement. Réflexe quotidien, presque pavlovien, de vouloir connaître le nombre de signes tant est périlleux l’exercice de résumer seize années de sa vie en quelques lignes. Difficile également de prioriser ses souvenirs lorsqu’ils foisonnent à l’heure de boucler un journal qui éteint définitivement ses lumières pour des considérations encore illisibles. Que retenir alors de cette expérience unique par la durée, mais aussi par l’intensité, sinon les moments forts en émotion, les amitiés construites et les quelques inimitiés assumées, lot concomitant d’une cohabitation même à distance ? Sans tomber dans les poncifs emphatiques, propices à ce genre d’adieu aux plumes, Liberté a représenté l’âge de maturité de ma carrière, une dernière étape si cela se trouve, dans un parcours qui prend ses origines aux premières années des “nineties”. Sa regrettable fermeture anticipée ne peut être qu’une conséquence directe de facteurs exogènes qui ont pris les professionnels des médias à la gorge. Les causes de cette faillite inéluctable du secteur sont nombreuses, présage lugubre d’un prochain démantèlement de la presse écrite francophone orpheline de la manne publicitaire – véritable levier de soumission –, victime expiatoire de l’arabisation forcée et forcenée, ainsi qu’otage d’intérêts personnels et claniques. Liberté, c’est aussi une expérience professionnelle dans un titre phare qui a payé son lourd tribut de sang et de larmes. Une aventure humaine émaillée par un éventail de sentiments qui vont de la reconnaissance (Mounir Boudjemaa, Djidji) à la colère, en passant par la franche camaraderie (Chenaoui, Bousmaha, Salem, Allia, Ouyougoute…) et l’honneur d’avoir côtoyé des plumes (Mustapha Hammouche, Rachid Belarbi, Seghier Mohammed…). Que garder alors de ces seize dernières années ? Que renier ? Ces points d’interrogation, tels des gardiens immuables du Temple, laissent peu de liberté (sans jeu de mots) aux réponses évasives tellement il est contraignant de trouver les mots justes pour définir une parenthèse qui a pris les proportions d’un feuilleton à rebondissements. Néanmoins, une seule certitude résiste dans ce désert d’indécisions : l’hommage à nos morts, ceux qui sont partis plus tôt nous attendre dans l’autre monde (Khalil Reguieg-Issaad, Zaaf, Ghomrassa), ceux qui sont tombés au champ d’honneur durant les années de braise. Liberté, c’est tout cela et beaucoup plus. Adieu !

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

  • Chroniques DROIT DE REGARD Trajectoire d’un chroniqueur en… Liberté

    Pour cette édition de clôture, il m’a été demandé de revenir sur ma carrière de chroniqueur dans ce quotidien.

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    Mustapha HAMMOUCHE Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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