L’Actualité FACE À UNE MERCURIALE QUI NE JEÛNE PAS

La résistance des consommateurs

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Said OUSSAD Publié 04 Avril 2022 à 12:00

© Archives Liberté
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Les prix des produits alimentaires continuent de vivre dans une logique terrifiante, ne répondant plus à aucune loi connue du marché, au grand dam de consommateurs obligés de jongler avec un salaire immobile, alors que tout autour devient plus cher. 

Deuxième jour du Ramadhan, à Oran comme dans toutes les villes et villages du pays, les réflexes pavloviens sont toujours exacerbés et la quête des produits alimentaires les moins coûteux est plus que d’actualité.

La Coupe du monde ne concernant plus les Algériens, le sujet central de toutes les discussions tourne autour de la mercuriale (re)devenue saignante, le temps supposé d’un mois de piété et d’entraide. La victime étant désignée d’avance, le bourreau, par contre, revêt mille visages.

Celui du boucher du coin ; du marchand de fruits et légumes si avenant d’habitude ; de ces grossistes qui fixent les prix sans se soucier des salaires des citoyens ; de ces lointains paysans, coupables aux yeux de tous, de compromission avec ces fameux intermédiaires qui parasitent le circuit de distribution.

Au moment de faire ses courses, on a également une pensée pour ces ministres de la République incapables d’enrayer une spirale spéculative, se contentant de promesses et de menaces, le tout enrobé dans des discours lénifiants servis à l’heure de l’en-cas de l’après-midi.

Les prix, eux, continuent de vivre dans une logique terrifiante, ne répondant plus à aucune loi connue du marché, au grand dam de consommateurs obligés de jongler avec un salaire immobile, alors que tout autour devient plus cher.

Il suffit de faire un tour au niveau des marchés de proximité, de gros et des supérettes, pour réaliser à quel point la mercuriale est devenue incontrôlable. Le symbole de cette dérégulation des marchés réside dans l’emblématique pomme de terre qui se vend encore entre 110 et 120 DA le kilogramme.

Un moment, fer de lance de l’offensive ministérielle dans sa  lutte  contre  la  spéculation, le  tubercule fait de la  résistance, mettant à nu les incohérences d’une politique tatillonne. Navets à 150 DA, tomates entre 130 et 150 DA, petits pois à 200 DA, haricots verts entre 300 et 400 DA, les prix fluctuent selon la localisation géographique, mais s’accordent à regarder vers la hausse.  Par ailleurs, les boucheries n’ont jamais autant bien porté leur nom puisque les tarifs affichés dissuadent le plus carnassier des consommateurs.

Confrontés aux 1 600 et 1 700 DA, selon la qualité et la nature de la viande, les Oranais désertent les étals du centre-ville et des autres quartiers, préférant se tourner vers les boucheries “au noir” de la localité de Chahid-Mahmoud, plus connue sous le nom de douar Boudjemâa. Sur la route principale menant vers le chef-lieu de la commune de Hassi Bounif, une procession de locaux, faisant office de boucheries, accueille de plus en plus de clients en quête d’une économie de 200 à
300 DA sur le kilogramme.

Un engouement qui suscite la crainte du bureau d’Oran de l’Association algérienne de protection et d'orientation du consommateur et de son environnement (Apoce) qui a alerté sur ces viandes dont la traçabilité n’est pas établie. L’Association évoque des viandes qui ne sont pas contrôlées par les services vétérinaires et dont l’origine reste inconnue.

Elle soulève aussi la question de l’hygiène et de la conservation de ces viandes vendues au vu et au su de toutes les autorités concernées. Nonobstant ces zones d’ombre, des clients obnubilés, affluent en masse, privilégiant un gain minimum aux dépens de la santé publique. C’est dire l’urgence de trouver un parfait équilibre entre la demande et l’offre.

Quant aux fruits, les oranges sont les plus abordables pour une catégorie sociale définie pendant que les bananes et les autres fruits exotiques ne restent l’apanage que des plus nantis. Du côté des supérettes, l’augmentation des prix des produits de consommation est plus notable.

Yamina, une ménagère de 52 ans, parle de hausse de plus de 100 DA sur des produits largement utilisés pendant ce mois de jeûne comme le thon à l’huile ou à la tomate. “Imaginez une boîte de thon à l’huile de 400 grammes qui passe de 260 à 600 DA”, se lamente-t-elle sans oublier les augmentations sur les fromages et la crise de l’huile de table, ajoute-t-elle.

“La mercuriale a fini par écrémer une société qu’on pensait définie en amont. Actuellement, on a les pauvres et les plus démunis”, estime Chérif, cadre supérieur dans une entreprise privée, qui affirme que malgré son salaire “respectable”, il ne peut plus se permettre des folies alors que, paradoxalement, la cohue des gens autour des points de vente ne faiblit pas.

SAïD OUSSAD   

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