L’Actualité Recyclage des déchets

Le monde de l’or… dure

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Said OUSSAD Publié 27 Mars 2022 à 10:40

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Seulement 10% des déchets ménagers et assimilés sont recyclés.

Si en Algérie, le marché du recyclage des déchets est estimé à 38 milliards de dinars avec les 11 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés que jettent chaque année les Algériens, seulement 10% de cette quantité sont recyclés. La faute à qui ? 
En 2015, une étude menée par des experts coréens dans les wilayas de Blida et de Bordj Bou-Arréridj avait relevé un manque d’ancrage culturel de cette pratique, un faible taux de collecte avec l’insuffisance des bennes à ordures, l’irrégularité des fréquences de collecte et le manque ou la vétusté des moyens de collecte. Si les problèmes logistiques sont toujours d’actualité, l’élément humain reste, quant à lui, déterminant dans la revalorisation des déchets domestiques en premier lieu. 

Un constat établi par Adel Benkelfat, responsable de l’entreprise éponyme de récupération de matière plastique recyclable, basée à Sidi Bel-Abbès. Selon lui, le citoyen – qu’il qualifie de “partenaire” – est la principale courroie de transmission dans cette chaîne qui accompagne les déchets jusqu’au centre d’enfouissement. “Nous devons tous participer en amont au tri sélectif”, plaide-t-il, en mettant en exergue le rôle primordial que doit jouer tout citoyen. Son entreprise de recyclage, en activité depuis mars 2003, est considérée comme l’une des plus anciennes de la région, mais continue de rencontrer les mêmes problèmes depuis son lancement. “Le principal problème reste la mauvaise gestion dans la collecte et le tri sélectif des déchets en général.

Il faut que tous les maillons de la chaîne soient forts, ce qui n’est pas le cas en Algérie”, estime-t-il. “Chacun doit tenir son rôle ; la société civile, les collectivités locales…, nous, nous arrivons en dernier”, affirme-t-il en se plaignant qu’en 2022, “nous jetons toujours nos ordures sans les trier”. Pour la responsable d’IM recyclage et environnement, basée à Oran, la culture du tri sélectif “n’existe malheureusement pas chez nous”. En sus de l’insuffisance de la prise de conscience collective de ce problème, l’autre grief soulevé par les recycleurs est le manque de visibilité d’une filière sous l’emprise de l’informel. Catégorique, Adel Benkelfat l’estime à 99%. “Tu ne trouveras que rarement une entreprise qui active légalement”, ajoute-t-il. Une certitude partagée par la responsable d’IM recyclage et environnement qui, jusqu’à présent, ignore le nombre de ses concurrents tellement le secteur baigne dans l’opacité. “Un marché noir qui interdit toute structuration tant l’acte informel est ancré dans le mode de fonctionnement de ces petites entreprises”. 

L’autre problème que rencontrent les recycleurs réside dans les sources d’approvisionnement en matières recyclables en l’absence, en amont, de cette culture de tri sélectif tant souhaitée. “Depuis la pandémie, nous évitons les ordures ménagères et nous nous fournissons auprès d’usines”, explique Adel Benkelfat, qui ajoute que presque la moitié des déchets achetés sont jetés à cause de la mauvaise gestion de la matière valorisable non contaminée. “Nous avons acquis des déchets auprès d’une entreprise publique, puis sur le tapis de tri, nous avons retrouvé un mouton mort qui a été pesé et que nous avons payé...”

Une anecdote qui renseigne sur les difficultés de ces recycleurs à trouver de la matière auprès des récupérateurs ou au niveau des centres d’enfouissement. Un juste équilibre dans ce milieu difficilement atteint, admet-il en citant son propre cas de récupération d’un type de plastique particulier. “Ma spécialité est le recyclage du polyéthylène que nous ne trouvons pas forcément dans les bouteilles de boisson gazeuse et d’eau minérale”, précise-t-il. “Nous perdons 43% des matières récupérées avec la contamination des déchets à la source et au bout de la chaîne, en plus de la TVA qu’il faut payer”, regrette Adel Benkelfat. Il appelle, enfin, les pouvoirs publics à encourager ces petites entreprises de jeunes recycleurs à pouvoir travailler. Pour rappel, une stratégie nationale de gestion des déchets à l’horizon 2035 a été instaurée, visant la réduction des déchets à la source, le développement de l’économie circulaire et de l’économie verte, l’accompagnement de la transition par la mise en place de plans nationaux de mise en œuvre et des outils de suivi et d’évaluation efficaces.

Elle repose sur plusieurs axes, dont la réduction de la production des déchets ménagers, la mise en place progressive des mécanismes de tri sélectif en commençant par les grandes villes dans un premier temps, la poursuite de l’effort d’élimination des décharges sauvages jusqu’à leur éradication définitive, l’application du principe “pollueur-payeur” et l’adaptation graduelle des taxes en vue d’assurer le recouvrement des coûts des services relatifs à la gestion des déchets.

 


SAÏD OUSSAD

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