L’Actualité ILS DEMANDENT PLUS DE GESTES DU PRÉSIDENT MACRON CONCERNANT LA RECONNAISSANCE DU FAIT COLONIAL

Le plaidoyer d’historiens français

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Karim BENAMAR Publié 20 Mars 2022 à 00:04

© D. R.
© D. R.

“60 ans  après  la  fin  de  la  guerre  d’Algérie, il est  plus  que  temps  de clarifier  notre  rapport  politique  à  la  colonisation”, écrivent  les nombreux signataires d’une tribune diffusée hier.

Des  historiens français, des acteurs  de la  société  civile et  des organisations de jeunesse de France ont appelé, le 18 mars, le président Macron à porter “un discours de reconnaissance et de clarification de notre rapport moral et politique  à  la  colonisation”,  mais  aussi  “l’inscription  de  notre  Histoire algérienne dans le fait colonial”. 

Dans une tribune diffusée hier dans la presse française, à l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire de la signature des Accords d’évian, le 19 Mars 1962, les historiens Raphaëlle Branche, Sébastien Ledoux, Alain Ruscio, Todd Shepard Thénault et plusieurs personnalités, dont Pierre Audin (fils de Maurice Audin), Alice Cherki (psychanalyste, écrivaine et ancienne collaboratrice de Frantz Fanon), Bachir Hadjadj (écrivain) demandent au président français davantage de gestes et d’actions concrètes permettant de regarder le passé colonial français avec lucidité et vérité. “60 ans après la fin de la guerre d’Algérie, il est plus que temps de clarifier notre rapport politique à la colonisation”, lit-on dans la longue tribune.

Pour les nombreux signataires, “cet anniversaire revêt une double importance pour la société française : une importance générationnelle d’abord car les personnes ayant vécu la guerre disparaissent, parfois sans avoir pu raconter leurs histoires et se débarrasser du poids du passé. Une nouvelle génération émerge avec un désir de connaissance et des besoins de compréhension qui lui sont propres. Ces 60 ans ont ensuite une importance politique car, en cette année d’élection présidentielle, les mémoires de la guerre d’Algérie n’échappent pas aux instrumentalisations”. 

Si le document n'omet pas de reconnaître que le président français a fait des “avancées indéniables” dans le défi de cette reconnaissance, avec notamment la mise en œuvre des recommandations du rapport de l’historien Benjamin Stora (janvier 2021), ce travail demeure encore incomplet : “Les gestes d’Emmanuel Macron sont d’indéniables avancées. Mais d’autres donnent également l’impression d’un rendez-vous manqué, tant certains ont pu paraître insuffisants (à l’image de la reconnaissance des responsabilités sur le massacre du 17 Octobre 1961 qui, si elle fut bienvenue, fut ‘muette’ et incomplète) ou manquer de cohérence politique.”

Pour eux, il est aujourd’hui plus que nécessaire de fournir ce travail, sachant que la société française dont une partie (plus de 8 millions) partage un lien direct ou indirect avec la colonisation française en Algérie. “Parce qu’elle renvoie à notre relation à la République et à l’altérité, l’Histoire algérienne de la France est intimement liée à ce que nous sommes et voulons être. La société française d’aujourd’hui est en effet héritière de ce passé. (…) Des familles françaises touchées par ce passé algérien — que l’on pense à celles des appelés, des pieds-noirs, des immigrés algériens, des juifs d’Algérie, des harkis et des militants pour ou contre l’indépendance – regroupent actuellement des millions de personnes sur notre territoire. 39% des jeunes de 18 à 25 ans ont grandi dans ces familles, où l’Algérie est une histoire intime mêlant douleurs et nostalgie.” 

Concrètement, les rédacteurs du document demandent au président français plus d’implication : le président français “ne commissionne personne pour enfin établir un bilan du 17 octobre 1961. Il n’y a toujours pas de chaire universitaire sur l’Histoire coloniale ou le postcolonial. Il n’y a pas de fondation pour financer des projets culturels, scientifiques ou pédagogiques. Il n’y a pas d’office organisant la rencontre entre les jeunesses des deux rives. Et la lutte contre le racisme est au point mort, si ce n’est suspecte”. 

Les rédacteurs du document disent souhaiter “des moyens pour améliorer la production et la diffusion des connaissances sur ce passé, c’est-à-dire des financements pour des projets culturels, pédagogiques ou scientifiques. Nous réitérons notre appel à la création d’un office franco-algérien pour la jeunesse afin que les jeunes des deux rives puissent se rencontrer, échanger et construire une nouvelle relation, faite d’égalité et de curiosité mutuelle”.  
 

Karim B.

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