L’Actualité Le procès de Khalida Toumi et de ses collaborateurs se poursuit

Les événements culturels passés au crible

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Ali BOUKHLEF Publié 28 Mars 2022 à 10:08

Khalida Toumi, ancienne ministre de la culture. © D.R
Khalida Toumi, ancienne ministre de la culture. © D.R

Ouvert jeudi, le procès de l’ancienne ministre de la Culture Khalida Toumi, en détention depuis près de 29 mois, s’est poursuivi hier au tribunal d’Alger.

Au deuxième jour du procès de l’ancienne ministre de la Culture, le juge a axé ses questions sur des projets précis en relevant notamment des infractions dans l’attribution de certains marchés publics. Un maître mot retient l’attention des très longues auditions du juge : le “passer outre”, cette disposition réglementaire qui permet aux ministres de signer des contrats publics avec des entreprises dont la soumission est rejetée par la commission des marchés. À condition, rappelle le juge, que le document que doit signer un ministre doive “être justifié et argumenté”.

Or, selon l’arrêt de renvoi, Khalida Toumi aurait signé 29 “passer-outre” et “aucun n’a été motivé”. En réponse, l’ancienne ministre a refusé d'entrer dans les détails des marchés, car “ce n’est pas moi qui choisis les entreprises et signe les marchés”, dit-elle. “J’avais des responsables qui s’occupaient de cela.” Puis, elle explique qu’elle a dû intervenir à plusieurs reprises pour “débloquer des situations”. “Oui, lorsqu’aucun responsable ne voulait assumer ses responsabilités, je prenais les miennes pour faire avancer tel ou tel projet”, appuie-t-elle.

Parmi les responsables qui travaillaient sous les ordres de Khalida Toumi, Abdelhamid Benblidia occupait un poste sensible. À la fois inspecteur général du ministère et commissaire de certaines activités comme “Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011”, il avait la lourde charge de signer les documents comptables liés aux marchés. Le juge l’a confronté avec des documents qui montrent qu’à plusieurs reprises, des contrats ont été signés bien après la fin des travaux. Le juge demande par exemple des explications sur le fait de signer des “attestations de services faits” avant même que le dossier ne soit visé par le “contrôleur financier”.

“Cela doit être lié à l’urgence”, a expliqué Benblidia qui a tenté de justifier certaines décisions contraires à la loi par “l’urgence”. “Mais il n’y avait aucune urgence puisque les documents ont été signés après la fin des festivités”, rappelle le juge. Devant la multiplication des questions du juge, Abdelhamid Benblidia a livré d’autres versions. À un certain moment, il a indiqué que c’est “la ministre qui me demandait de choisir telle ou telle entreprise”. Ce que la concernée a nié catégoriquement. “Oui, j’ai souvent donné des instructions pour débloquer un projet ou pour en achever un autre et c’est mon rôle”. Puis, l’ancien inspecteur avance : “Non, la ministre nous demandait de faire avancer les projets. C’est la commission des marchés qui attribuait les marchés et qui rendait compte à la ministre”, a-t-il fait valoir.

Le même échange a eu lieu lorsque le juge a demandé des explications sur l’absence de résiliation des contrats avec certaines entreprises, malgré le dépassement des délais. “Toutes les entreprises qui ont été engagées ont enregistré des retards et aucune n’a été destinataire de mises en demeure ou de résiliation. Pis encore, vous leur avez fait des avenants et signé des visas.” Ce à quoi, l’ancienne ministre répond qu’elle n’a favorisé aucune entreprise. “Je ne les connais pas du tout”, se défend-elle. “Ce n’est pas moi qui gère”, ajoute-t-elle. 

Pour sa part, Miloud Hakim, ancien directeur de la culture de Tlemcen, accusé comparaissant libre, s’est défendu de tout acte de corruption. Il a justifié certains dépassements par la pression exercée par les autorités centrales et le manque d’expérience. Au cours des débats, le procureur s’est hasardé à une comparaison entre les montants dépensés lors de la manifestation “Alger, capitale de la culture arabe” et des activités similaires à Oman “qui a dépensé 33%  de moins qu'Alger et en Palestine dont le coût n’a été que de 1%”. “Non monsieur, les enjeux ne sont pas les mêmes.

Nous sommes sortis de la décennie noire qui a détruit les infrastructures. Ce qu’Oman n’a pas. Puis, ce pays n’a pas réalisé les infrastructures, des musées que nous avons construits”, objecte Khalida Toumi. À l’heure où nous mettons sous presse, les auditions des témoins se poursuivaient. 

 


Ali Boukhlef

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