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“LIBERTÉ”, mon école du reportage

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Arab CHIH Publié 14 Avril 2022 à 12:00

Je vais quitter Liberté comme je l’ai rejoint il y a 19 ans : dans la tension et la douleur quoique j’y ai beaucoup appris et m’ a permis de découvrir tous les coins et recoins de notre vaste et beau pays. Je suis arrivé à Liberté en septembre 2003, en provenance d’El Watan où je venais de passer 18 mois en y faisant mes premières armes. C’était Farid Alilat, nommé deux mois auparavant, qui m’avait recruté. J’ai découvert un autre environnement, un autre monde. À El Watan, le fonctionnement était assez strict et vertical, les journalistes moins “râleurs” (la présence des actionnaires dans la rédaction y était peut-être pour quelque chose) et les débats assez riches et animés sous la direction de son directeur de l’époque en réunion de rédaction. À Liberté c’était une tout autre atmosphère : l’organisation était assez souple, les responsables plus accessibles et les journalistes avaient plus de poids et de liberté. Il faut dire qu’à l’époque l’ambiance était très tendue, électrique même, au sein du journal à cause de la contestation par une partie de la rédaction du nouveau directeur de publication, Farid Alilat, qui venait d’être nommé par le propriétaire. Ce qui n’avait pas laissé de déteindre sur notre intégration dans le journal quoique les choses se soient améliorées par la suite.
Mon premier article signé à Liberté était sur le célèbre caricaturiste Dilem et le non moins célèbre directeur du journal Le Matin Mohamed Benchicou qui, en ce début d’automne 2003, étaient présentés devant le juge du tribunal de Sidi M’hamed (Alger) et que j’avais intitulé “Sale temps pour la presse”. Cette affaire que je couvrais m’avait valu mon premier et seul embarquement dans les locaux de la police au boulevard Amirouche, à l’occasion d’un rassemblement en faveur de l’ancien patron du défunt quotidien Le Matin. Si à El Watan j’étais beaucoup plus intervenu dans la rubrique économie tout en faisant de temps à autre des incursions dans la “nationale”, à Liberté c’était tout autre chose, en faisant des articles politiques, des entretiens et surtout des reportages. C’était Farid Alilat qui m’avait inoculé le “virus” du terrain et mis le pied à l’étrier. Je ne le remercierai jamais assez.
De mon point de vue, il a énormément apporté au journal durant son court règne de 5 mois à peine. Avec son ton libre et quelque peu irrévérencieux, ses enquêtes et reportages, le journal avait de la gueule. Si certains lui reprochaient une certaine “légèreté” dans la gestion du journal, moi je lui reconnais un sens aigu de l’information et un flair presque animal du bon sujet. Au vrai, Farid Alilat était beaucoup plus journaliste que responsable. En tout cas, je ne retiens que de bons souvenirs de son éphémère passage à Liberté. Après son départ et avec l’arrivée d’Ali Ouafek, peu présent dans le journal, moins fougueux et offensif que son prédécesseur mais humain, la tension avait baissé mais la parenthèse de l’“irrévérence” s’était quelque peu refermée. Mais on faisait comme on pouvait pour confectionner un journal de qualité. On avait continué à faire beaucoup de reportages (c’était l’ADN du journal), tout en mettant un peu d’eau dans notre vin en matière de traitement de sujets politiques. Une orientation qui s’était accentuée avec l’arrivée en 2006 de Mounir Boudjemâa comme directeur de rédaction qui, après quelques mois de “cohabitation” difficile, nous a mis moi, Saïd Chekri, Karim Kebir et Saïd Rabia à l’écart. On n’a pas signé un seul article durant près de deux ans. Je dois dire que je ne garde aucune rancune envers Mounir Boudjemâa qui était d’une grande intelligence. S’il ne nous confiait pas d’articles, il était resté très correct avec nous. Ce n’est qu’avec le retour d’Abrous Outoudert en 2008 que nous avons été “réhabilités” en nous permettant d’écrire, à nouveau. En 2014, j’avais pris un congé sans solde et en fin 2015 j’avais quitté le journal avant de signer mon retour en 2019 grâce à Saïd Chekri qui, entre temps, a été nommé directeur de publication, et que je tiens à remercier.

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

  • Chroniques DROIT DE REGARD Trajectoire d’un chroniqueur en… Liberté

    Pour cette édition de clôture, il m’a été demandé de revenir sur ma carrière de chroniqueur dans ce quotidien.

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    Mustapha HAMMOUCHE Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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