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Sans “Liberté”, point d’espoir !

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SEDJAL AZZEDINE Publié 10 Avril 2022 à 12:00

Un titre de la presse algérienne annonce sa disparition involontaire très prochaine. Comme toute disparition, c’est toujours une mauvaise et triste nouvelle. Un pan de la production de la mémoire collective est voué à l’anéantissement.
Le pays fait face à une destruction et à une disparition involontaires, mais c’est peut-être une action programmée par un aveuglement et une vision de courte vue. Et ce n’est jamais fortuit.
La restriction et la réduction de tout espace d’expression n’augure jamais d’un futur meilleur. Le vide laissé par l’effacement d’un média, d’autant plus ouvert que pluriel, ne fera que rendre inaudible et sans voix une partie de l’opinion publique et de la société civile ou ce qu’il en reste.
Les sociétés et leurs élites ne peuvent jamais se réjouir de l’extinction d’un média qui avait comme devise “Le droit de savoir, le devoir d’informer”, car ce sont des mots lourds de sens et porteurs d’une vision de la presse dont notre pays a très grand besoin. Une exigence vitale.
Par ailleurs, la société algérienne ne peut vivre, s’épanouir et évoluer positivement avec une “communication” à sens unique, borgne, qui ne voit qu’à travers des ornières orientées et étroites. Réductrices en fin de compte. La connivence et la manipulation en sont les antithèses.
Notre pays mérite une presse plurielle, comme l’est la société algérienne et ses élites. Une presse et des médias qui font avancer les idées, confronter les projets et les visions de son développement et de sa construction.
Nécessaire inexorablement à l’équilibre des pouvoirs, un journal, une radio, une chaîne de télévision, et toutes autres formes d’expression et de communication, s’ils ne constituent pas des contre-pouvoirs, ils seront à jamais inutiles et caducs. Ils ne rendront service à personne !
Et ce n’est pas la profusion de titres “douteux” et de chaînes de télévision à la limite de la légalité, multiplicateurs invétérés du discours unique, qui servira à l’érection d’un système politique démocratique, de citoyens avisés et d’une société civile active et consciente de son rôle.
Le mimétisme médiatique n’est que cacophonie qui rend inaudible le cri profond de détresse et la soif inextinguible de la société réelle. Car une société n’est pas un cheptel, un ensemble de “suiveurs” qui s’abreuvent à la logorrhée périmée d’une époque révolue. D’autant que le monde a changé et offre d’autres sources pour s’informer et réagir. S’engager en d’autres termes, même si cela demeure encore à l’état d’embryon et encore fragile. L’impuissance et la résignation ne sont pas éternelles.
Parmi les rares titres de presse crédibles, Liberté replissait son rôle et empêchait l’unicité de pensée en ouvrant ses colonnes à la pluralité des opinions et en remplissant la fonction d’intermédiaire nécessaire à la chaîne de transmission entre les décideurs et les gouvernés et entre les diverses générations qui forment la société algérienne. Un média qui œuvrait à favoriser l’esprit critique sans lequel il n’est nulle participation du lecteur aux décisions qui le concernent dans sa vie de tous les jours.

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

  • Chroniques DROIT DE REGARD Trajectoire d’un chroniqueur en… Liberté

    Pour cette édition de clôture, il m’a été demandé de revenir sur ma carrière de chroniqueur dans ce quotidien.

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    Mustapha HAMMOUCHE Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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