Culture Amar lounas jongle entre architecture et culture

“Il nous faut une ouverture vers l’ailleurs”

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Ali BEDRICI Publié 26 Novembre 2021 à 19:02

© D.R
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Constat : l’image des immigrés projetée par des médias européens n’est souvent pas conforme à la réalité. En insistant sur les jeunes paumés des “quartiers” et des “cités”, on occulte ceux qui se forgent un chemin de réussite à force de travail, de sérieux et de détermination. Il faut dire qu’en Europe, la notion de compétence est primordiale et, très souvent, ceux qui méritent la réussite l’obtiennent.

Aujourd’hui, nous évoquerons le profil d’Amar Lounas, architecte de formation qui active dans son domaine, mais aussi dans l’univers culturel en général, à la fois en France et en Algérie. Natif des Aït Koufi, à Boghni, il a fréquenté le lycée technique de cette ville, avant de suivre les cours de technologie à l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. Il intègre ensuite l’École spéciale des travaux publics de Paris, puis l’École supérieure d’architecture de Paris-La-Villette où il obtient le diplôme d’architecte-urbaniste. Très actif, il fonde l’agence À Architecture qui exerce aussi bien à Paris qu’à Alger. Pour l’avoir rencontré dans différents séminaires et conférences, nous savons qu’Amar Lounas n’hésite pas à sortir de son cadre professionnel pour participer à des activités d’intérêt général, culturelles, sociales et économiques. Ainsi, il participe en 2018 à l’ouvrage collectif qui a rassemblé les “actes du colloque des professionnels de la santé mentale” exerçant en Algérie et une quarantaine de psychanalystes et un architecte venus de France. Selon lui, ce travail se situe “entre passé et avenir, en montrant que l’homme se trouve entre ce qui vient du passé et ce qui va advenir.

Autrement dit, l’homme se trouve dans une brèche qui est le présent vécu et c’est dans cette brèche que pousse la fleur de la liberté”. Comme le disait René Char, ajoute-t-il, “notre héritage n’est précédé d'aucun testament”. L’architecte algérien a également participé à “Jetée à pierres perdues, d’Alger et d’ailleurs”, dans les Cahiers dessinés en novembre 2019. L’ouvrage s’accompagne des textes d’Amar Lounas, de Wassila Tamzali, Véronique Beucler, Julie Bouvard, Maya Ouabadi… avec des collaborations artistiques de Hichem Merouche, Sofiane Zouggar, Adel Bentounsi, Feriel Gasmi Issiakhem et bien d’autres. 

Amar Lounas a effectué un travail de recherche sur l’architecture de terre en Algérie, suivi de plusieurs conférences en lien avec l’habitat, comme il a participé à des expositions, en 2011 et 2012, au Festival international terre et argile de Tlemcen. Il a également exposé à l’hôtel El-Aurassi pour le compte de la Société algérienne de rhumatologie en 2014. Amar Lounas vit en France et garde un lien très fort avec l’Algérie : “C’est la dette symbolique que l’on contracte dès la naissance, nous sommes habités par ces lieux et ces atmosphères indescriptibles”, affirme-t-il. Lorsqu’on aborde le sujet de l’architecture en Algérie, il a ces mots : “Sujet très complexe quant à ce qui se fait en Algérie en termes d’architecture et d’urbanisme.

D’abord, Il nous faut une ouverture vers l’ailleurs ; ensuite, il nous faudra des volontés politiques qui s’appuieraient sur un savoir-faire et une immense culture.” Même en France, l’architecture est en perte par rapport à ce qui la fonde, le savoir-faire. “Le maître d’œuvre, ou l’architecte, doit laisser place à son œuvre et non pas le contraire. Or, aujourd’hui, on assiste à une ‘starification’ des architectes…  par conséquent, l’architecture perd en qualité.” Celui qui participe souvent à des concours nationaux et internationaux d’architecture (Corée du Sud, Arabie saoudite, France et Algérie), conclut : “J’emprunte volontairement cette phrase de Jean-Luc Godart pour expliciter mon point de vue : ‘La plupart des réalisateurs et les trois quarts des gens qui reçoivent aujourd’hui des prix à Berlin n’utilisent la caméra que pour exister, et non pour voir quelque chose que l’on ne verrait pas sans elle’ – de la même manière qu’un scientifique ne pourrait voir certaines choses sans son microscope ou un astronome certaines étoiles sans son télescope.” À méditer. 

 


ALI BEDRICI

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