Culture UN HOMMAGE A ÉTÉ RENDU AU POÈTE HAMID NACER KHODJA AU SILA

L’oraison posthume de ses compagnons

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Nourreddine LOUHAL Publié 06 Avril 2022 à 12:00

© D. R.
© D. R.

Dur ! Dur que d’évoquer le poète Hamid Nacer Khodja au passé. L’écrit ou plutôt le tour de force est d’autant âpre lorsqu’il est requis d’aligner à côté de son blason l’attristante date où il s’en est allé draper dans son linceul versifié à l’aune de son talent. Effacé mais réservé qu’il était, le poète aimait à se la mettre sous clé dans son chez-soi lyrique, où il coexistait avec ses vers qu’il affectionnait dans l’empaquetage de ses cartons.

L’aède qui disait : “La poésie ne s’édite pas. Et alors ? Elle est en nous” avait fait le vœu d’une existence à l’enseigne sise au fronton d’“une terre possible” (Paris, Marsa 1999) qu’il avait dédié à Jean Sénac (1926-1973), ce poète “oulid bled” chrétien, socialiste et libertaire. Ce à quoi Jean Sénac a répondu : “Amour, espoir, appels éperdus jusqu’à la névrose, Hamid Nacer Khodja reprend les mots-clés de sa génération. Et, partant, chez ce frère de Sebti, de Bey, au point ténu de la rupture, quelle fébrile fraîcheur, quelle clarté !”

C’était à l’époque des années 1970, où l’Algérie y entrait de plain-pied dans le “socialieux dirigiste” de la planification du bas de laine de l’économie mais surtout des esprits. En ce temps-là, il se trouvait un “rêveur ou bien adolescent” (Georges Moustaki) qui y allait de son élan juvénile et lyrique dans le pré où s’ensemençait le mal de vivre en lieu et place de l’authentique bonheur qu’il devrait y avoir sur les “Visages d’Algérie” (Paris-Méditerranée/Alger, Edif, 2000). Et, depuis, ce natif de Lakhdaria (ex-Palestro) versifiait et aimait à déclamer ses poèmes, où il y élisait refuge dans l’apaisant univers de la poésie. Si tant que ce poète “visionnaire” s’était hissé dans l’estime des siens, au rang de “Jumeau” pour ses ami(e)s et compagnons de rime. Mais cela importe peu qu’il soit au ciel, du fait que l’étoile du poète continue de briller de l’intensité de l’amour qu’il avait pour les siens.

Si tant qu’il s’est hissé dans l’estime des siens au rang de “Jumeau”. Alors et se voulant plutôt reconnaissant que nostalgique, son compagnon de route, en l’occurrence Youcef Merahi, invite le cercle des poètes à clamer l’oraison du défunt pour son œuvre qu’il a léguée à la postérité. Alors et joignant l’estime à la plume, l’auteur du recueil Et l’ombre assassine la lumière a réuni 21 roses blanches qui symbolisent la pureté dans l’ouvrage Hamid Nacer Khodja le “Jumeau” (éd. El-Kalima). Et, à cet égard, le chroniqueur de Tendances a inauguré l’ouvrage par une Lettre à Hamid Nacer Khodja : “C’est la lettre la plus pénible que j’aurai à t’écrire.” Et, tour à tour, s’ensuivit Ce que Hamid nous dit (A. Ferhani) et Sans le savoir, c’était la dernière fois qu’on le voyait (A. Benssad). Donc, chacun y va de son allocution, Après la main, le cœur ou la chaîne des aides (A. Bouabaci), Le Critique invisible (D. Brahimi), L’Énarque de génie (M. Brahimi), Ne pas laisser le passé littéraire de l’Algérie en friche (C. Chaulet-Achour),

L’Épisode le plus noir dans la vie de NKH (M. Oussalem Chili), La Leçon du poète (R. De Ceccaty), NKH, quelques traces pascaliennes (A. Djelfaoui), Sous le soleil de Jean Sénac (G. Dugas), NKH, poète et universitaire l’énarque de la beauté (A. Ferhani), NKH, ou la mémoire fertile (A. Kaouah), Lecture critique de Jumeau, ou un bonheur pauvre de NKH (A.Khati), Le Poète de la profonde terre du verbe aimer (L. Labter), NKH, ce poète, légataire de Jean Sénac (N. Louhal), Témoignage (Madame Nacer Khodja), Le Dernier Jour d’un père (Khadidja N.K), Dernier hommage à un grand homme (N. Sebkhi), L’homme qui cherchait le soleil (K. Staali) et Cet homme était grand comme une main ouverte (H. Tibouchi). Autres indices d’appréciation de lecture, le livre est enjolivé des dessins de Hamid Tibouchi, alors que la couverture et conçue par Deniz Martinez.

LOUHAL Nourreddine

Hamid Nacer Khodja le “Jumeau”,
éd. El-Kalima, 209 pages, 800 DA.

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