Culture BENAOUDA LEBDAI, ORGANISATEUR DU STAND ESPRIT PANAF DU SILA 2022

“Les littératures africaines se portent bien”

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Karim BENAMAR Publié 02 Avril 2022 à 12:00

© D. R.
© D. R.

Il a organisé l’espace Esprit Panaf du Sila 2022. Une semaine durant, Benaouda Lebdai, professeur des universités, africaniste, a animé des débats forts riches sur, entre autres, la place des femmes dans la littérature africaine, la restitution par l’Europe des œuvres d’arts africaines ou encore sur le cinéma africain. Pour lui, cette manifestation littéraire qu’est le Sila a permis une excellente visibilité à l’“Afrique littéraire”.

Liberté : Quel bilan faites-vous des activités qui se sont déroulées une semaine durant au stand Esprit Panaf du Sila 2022 ?
Benaouda Lebdai : Incontestablement, ce fut une semaine riche, dynamique et vibrante grâce aux intervenants et la qualité de leurs discours, et grâce aux visiteurs du Sila qui sont venus très nombreux à l’espace Esprit Panaf. Le stand Esprit Panaf a établi une programmation fort riche sur les textes d’Afrique et sur de nombreux romanciers et acteurs de la vie culturelle. En effet, le Sénégal, le Tchad, le Mali, la Mauritanie, le Congo, le Cameroun et le Togo et l’Algérie furent présents avec des écrivains comme Sissi Ngom, Bios Diallo, Diadie Dembele, Sami Tchak, Mehemet Saleh Haroun, Réassi Gangoueus, Marie Ndiaye qui fut présente par le biais de la présentation de Youcef Immoune, Akli Tadjer et Ahmed Bedjaoui. Des chercheurs algériens ont abordé des thèmes très divers comme la question des femmes dans les textes africains dans la perspective de ce nouveau siècle, analysée par Sarah Kouider, Mira Lourdjoum et Amina Bekkat. Moi-même j’ai abordé le thème de l’évolution des littératures postcoloniales dans un monde globalisé. L’épineuse question de la restitution des œuvres d’art qui se trouvent dans les musées européens à l’Afrique a été brillamment présentée par Sissi Ngom et Abderrahmane Khélifa. L’utilisation positive des réseaux sociaux pour la diffusion de la littérature africaine vers les jeunes qui ne peuvent pas acheter des livres tous les mois, car ils sont souvent chers. Enfin, cette année, le cinéma était présent, et des débats eurent lieu sur l’utilité des festivals de cinéma en Afrique pour la valorisation des films africains avec Ahmed Bedjaoui et le cinéaste et romancier Mehemet Saleh Haroun qui a reçu un prix au festival de Cannes.

Peut-on dire que l'Afrique littéraire a eu une bonne visibilité à travers cette manifestation ?
Absolument ! Je le pense vraiment. Une grande visibilité de la culture africaine au sein de cet espace fut incontestable auprès du public mais aussi auprès des médias : presse écrite, radio et télévision qui sont venus fort nombreux tous les jours au stand Esprit Panaf pour interviewer tous les romanciers et les chercheurs dans ce domaine si riche qui parle aux Algériens et aux Algériennes, car ils font partie de l’Afrique et ils le savent. Clairement, la densité des débats en a été la preuve pour nous ! Le public a été au rendez-vous de cet espace Esprit Panaf qui a été le leur tous les jours depuis l’ouverture au public du Sila. Ce qui m’a frappé, ce sont les jeunes qui, en passant à côté du stand Esprit Panaf, s’arrêtent, curieux de ce qui se dit dans cet espace d’échange, s’assoient et ne repartent plus pour écouter attentivement ce qui se dit. Pendant les débats, ils ont posé des questions souvent pertinentes alors qu’au départ ils n’étaient que de passage.

Comment se porte aujourd’hui la littérature africaine ?
La littérature africaine ou les littératures africaines se portent bien… La preuve en est qu’en 2021, des prix prestigieux furent décernés à des Africains comme le Prix Nobel de littérature au Tanzanien Gurnah, le Prix Goncourt au Sénégalais Mohamed Mbougar Sarr et bien d’autres. Les conférences que nous avons écoutées à Alger prouvent sans conteste que les littératures africaines sont dans une bonne direction quant à la créativité et le talent. L’autre signe encourageant est la présence croissante des romancières à travers tout le continent africain. L’Espace Panaf fut lors de cette 25e édition du Sila une bouffée d’oxygène pour les Algériens et les Algériennes après la crise sanitaire que nous avons tous subie. Si vous le permettez, je tiens à remercier le commissaire du Sila, Mohamed Iguerb, d’avoir accordé toute son énergie au Salon international du livre d’Alger d’un manière générale et à l’Espace Esprit Panaf en particulier, car l’Algérie a l’Afrique au cœur, sans nul doute.

Propos recueillis par : KARIM BENAMAR

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