Culture Dans son nouvel ouvrage intitulé “Le trouble mémoriel”

Younès Adli dissèque l’enjeu de la mémoire entre l’Algérie et la France

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Kouceila TIGHILT Publié 30 Mars 2022 à 08:56

© D.R
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Après son dernier ouvrage d’histoire consacré à la période coloniale de 1871, intitulé 1871, l’acharnement colonial, l’universitaire Younès Adli revient, cette fois, avec un nouveau livre consacré à la guerre d’Algérie, intitulé Algérie-France : Le trouble mémoriel. Dans cet ouvrage, Younès Adli, qui précise d’emblée que son œuvre se veut la contribution d’un libre penseur sur la question de la mémoire, s’est longuement attardé sur la commission algéro-française pour la mémoire, qu’il considère, pour le moins, surprenante et qu’il a donc clouée au pilori. “Le sens de l’histoire aurait voulu que la commission propose les rectificatifs politiques qui ont marqué jusque-là pour une perspective commune lumineuse”, a estimé Younès Adli, pour qui, au contraire, “ce rapport n’a engendré que des obstacles à un avenir plus intelligent et plus solidaires autour du bassin méditerranéen”. “Pour des raisons idéologiques et bassement matérielles, l’on assiste à des pratiques de rabibochage et à un jeu de gaspillage de génération, lesquels, au fond, ne profitent à aucune partie”, a affirmé l’auteur. “

Si l’Algérie et la France ne sont pas affranchies de leur amour mortel, une soixantaine d’années après la fin de la guerre qui aura laissé des séquelles encore vivaces, l’on est enclin à penser que leurs relations agitées affecteront les générations à venir”, a poursuivi, dans la même optique, Younès Adli, pour qui les spasmes postcoloniaux rendent les deux pays de plus en plus soucieux de leur santé mémorielle mais pas, a-t-il relevé, au même rythme. “Le moins que l’on puisse avancer est que la commission mixte algéro-française sur la mémoire ne baigne pas dans la clarté qui mène aux solutions apaisantes. Au bout de l’initiative, le résultat risque tout simplement d’être décevant, voire irritant”, a-t-il étalé. “Si, comme annoncé en grande pompe, le champ d’action délimité à la commission reste celui de la guerre d’Algérie, pourquoi insère-t-on des phases et des acteurs historiques situés en dehors de cette aire ?” s’est demandé Younès Adli, tout en estimant que la liste des questionnements risque de s’allonger tant le principe, retenu dès le départ, de la délimitation à la guerre d’Algérie du travail de la commission ne respecte pas ce borgne historique.

“Dès lors, la commission ne détient plus la légitimité de conférer sur des considérations claires et objectives”, a évalué Younès Adli, qui évoquera également, dans son livre, l’instrumentalisation de la question mémorielle, la bataille des archives, le diktat des archives officielles… Younès Adli est titulaire d’un doctorat en langue, littérature et société, obtenu auprès de l’Institut des langues orientales Inalco de Paris. Il est également universitaire et journaliste. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Si Mohand Oumhand : errance et révolte ; Arezki L’bachir : histoire d’honneur ; Si Mohand : crépuscule de printemps ; La Kabylie à l’épreuve des invasions : Des phéniciens à 1900…

 

 

K. T.

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