Des Gens et des Faits 95e partie

LA BOURGEOISE

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Yasmina HANANE Publié 05 Avril 2022 à 12:00

Résumé : Ilhem est toujours amoureuse de Samir. Ce dernier découvre que ses sentiments n’ont pas non plus changé envers elle. Cependant, il la mettra en garde. Il est marié et aime sa femme. Ils pourraient rester en contact et se revoir de temps à autre, sans plus. N’avait-elle pas prévu de partir à l’étranger ?

Elle déglutit.
- À l’étranger ? Mais on devait partir ensemble, tu l’as oublié ?
- Non. Je n’ai pas oublié. Moi, ma vie a pris une autre tournure, par contre toi, tu étais encore libre et tu pouvais voyager, découvrir le monde, préparer un autre diplôme, etc.
- C’était un rêve que j’avais caressé durant de longues années. Je voulais approfondir mes études, entamer une autre spécialité, découvrir d’autres horizons. Hélas ! Tu m’as quittée, et le rêve s’est transformé en cauchemar. Je n’avais plus envie de faire quoi que ce soit. Un vide s’était creusé en moi. J’avais l’impression de flotter au-dessus d’un univers qui m’était inconnu. Je regardais, j’observais, mais je ne pouvais atteindre aucun repère. J’ai longtemps vadrouillé. Je passais mes nuits à penser à toi, à pleurer et à maudire le jour où je t’ai rencontré. Je maudissais aussi ma faiblesse et mes sentiments. Un jour, et sur le conseil d’une amie, je me suis rendue chez un psychologue. Au bout de quelques séances, j’ai pu reprendre pied. On me conseilla de renouer avec mes activités afin d’avoir un but dans la vie. Je me suis mise alors à travailler comme une forcenée. J’ai d’abord commencé comme associée avec un architecte. Au bout de deux années de travail acharné, je me suis installée à mon compte. Bien sûr, les débuts n’étaient pas faciles, et à maintes reprises j’ai failli battre en retraite. Mais grâce aux encouragements de mes parents et à leur contribution financière, j’ai pu tenir jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’au jour où j’ai vu mes efforts couronnés de succès. J’avais mon propre cabinet, un nom, une situation et une clientèle assez huppée. J’en tirais plutôt une grande fierté. Mais tu étais parti, et ma vie s’est effondrée. Je n’ai jamais plus connu le bonheur.
Elle se tait. Samir, qui avait gardé le silence, toussote.
- Je sais que tu as souffert. Tu m’en vois désolé.
- Ton récit me permet aujourd’hui de savoir que tu n’as pas eu le choix dans ce mariage et tu n’as pas non plus agi volontairement.
- Ta compréhension me soulage. Je t’avais constamment sur la conscience.
Elle sourit.
- Je retrouve l’homme que j’ai toujours connu. Un homme de parole, qui ne badine pas avec les principes et surtout qui sait écouter sa conscience.
Samir jette un coup d’œil à sa montre et constate que la journée était avancée.
- Nous devrions rentrer, Ilhem.
- Déjà ?
- J’aimerais bien prolonger notre rencontre, mais j’ai donné des rendez-vous. On doit déjà s’inquiéter de mon absence au bureau.
- Bien ! Alors je n’ai plus qu’à te remercier pour ces quelques heures de bonheur que tu m’as accordées.
- Nous aurions certainement l’occasion de nous revoir, Ilhem. Heu… pas souvent, mais je ferai en sorte de trouver de temps à autre un petit moment pour nous. Cela te va ?
Elle ouvre ses bras et les laisse tomber.
- Ai-je le choix ?
Le vieux Ameur n’arrivait pas encore à comprendre le comportement de sa belle-fille. Saléha a l’air furieuse en quittant la maison, et la vieille Mimouna, qu’il avait questionnée, n’a pas voulu s’attarder sur le sujet, arguant du fait que leur bru a toujours eu un comportement irrespectueux envers eux. Mais il est certain que quelque chose ne tourne pas en rond. Il aime bien Mordjana et est très heureux de la voir parmi eux, mais elle non plus n’a pas l’air d’être à l’aise. Et puis, il y a ces longues discussions à voix basse qu’il a déjà surprises entre Mimouna et sa petite-fille. Mordjana était-elle malade ? Si c’était le cas, pourquoi le cacherait-elle ?
Il prend une longue rasade d’eau puis donne une tape dans ses mains.
- Mimouna ! Mimouna !

À SUIVRE

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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