Des Gens et des Faits 97e partie

LA BOURGEOISE

  • Placeholder

Yasmina HANANE Publié 09 Avril 2022 à 12:00

Résumé : Ameur insiste pour connaître toute la vérité sur ce qui se tramait sous son toit. Mimouna passe sous le joug. Mordjana n’arrivait pas à concevoir un enfant. Le vieil homme comprenait mieux le secret des conversations à voix basse… Mimouna ne pensait pas que ces affaires de femmes pouvaient l’intéresser.

Il secoue la tête, navré.
-C’est toi qui le dis. L’avenir de ma petite-fille ne pourrait me laisser insensible. J’aimerais tant pouvoir faire quelque chose pour ôter ce poids de ses épaules.
-Mordjana ne voulait pas ébruiter la chose, mais Saléha a vite compris que sa fille n’était pas venue chez nous sans raison. Lorsqu’elle est revenue ce matin et a saisi l’ampleur de la situation, elle n’a pas hésité à accabler sa fille de tous les maux et à lui rappeler ses reproches, lorsque elle-même mettait au monde un enfant tous les neuf mois.
-Une vraie lapine, ta bru. Je me demandais quel était le degré de son inconscience à cette époque où à peine sortie d’une grossesse elle en retombait dans une autre.
-Ton fils n’était pas étranger à cette situation non plus. Lui aussi ne mesurait pas l’ampleur de son irresponsabilité.
-Ahmed n’a pas eu de chance dans la vie. Il a viré lorsqu’il a épousé cette sorcière que tu lui as ramené.
Mimouna soupire.
-Là, tu marques un point Ameur. J’ai cru bien faire en mariant les amoureux.
-Oui. Tu crois toujours bien faire et à chaque fois tu te trompes.
-Le passé est le passé. Tentons plutôt de trouver le moyen de distraire Mordjana et de la faire sortir de cette mélancolie dans laquelle elle s’enferme.
Il hoche encore la tête.
-C’était mon but, figure-toi.
-Alors que proposes-tu El-Hadj  ?
Il réfléchit un moment.
-Continue à t’occuper d’elle soigneusement. Moi je vais m’occuper de Saléha. Si jamais elle remet les pieds dans notre maison, je lui fracasserai le crâne.
Deux jours passent. Mordjana s’était rendue chez la matrone du village pour une deuxième séance de massages. Elle s’était bien reposée auparavant et arborait une meilleure mine en se présentant chez Lla Sakina.
Mimouna l’avait accompagnée. Mais cette fois-ci, la vieille accoucheuse qui semblait avoir récupéré de ses fatigues recevait du monde.
Elles durent donc attendre une bonne partie de la matinée, avant d’être reçu, et la jeune femme, contrairement à la fois précédente, supportera beaucoup mieux sa séance.
Contente de la savoir en bonne forme et moins stressée, sa bienfaitrice ne lésine pas sur ses efforts pour assouplir les parois de son abdomen et lui prescrira cette fois-ci des tisanes à base d’herbes pour venir à bout de ses angoisses.
Elles se quittèrent sur la promesse de se revoir au prochain rendez-vous qui sera fixé dans le courant de la semaine suivante.
Un peu plus rassurée, Mordjana rejoint Mimouna qui l’attendait dans la chambre atténuante et se laisse tomber sur une chaise auprès d’elle. Cette dernière lui tendit une serviette et une petite bouteille d’eau minérale dans laquelle elle avait rajouté quelques gouttes de citron.
La jeune femme passe la serviette fraîche sur son front et boit quelques gorgées d’eau, puis se relève pour rajuster ses vêtements.
-Je ne me sens pas aussi lasse que la dernière fois, grand-mère, nous pourrons rentrer tout de suite.
Mimouna secoue la tête.
-Tu ne mettras pas ton nez dehors avant une bonne demi-heure de repos. Tu viens de faire un massage, et ton corps est encore tout chaud. A-t-on idée de vouloir s’exposer aux courants d’air et aux poussières, alors qu’on vient tout juste de sortir d’une séance aussi torride ? Je présume que ta guérisseuse avait allumé son feu de bois et ajouté des herbes odorantes, avant de réchauffer son huile de friction.
-Oui. J’ai même apprécié l’odeur des herbes sauvages qui se répandait dans la pièce.
-C’est ainsi qu’on réussit à détendre les personnes stressées et à dénouer les muscles. La chaleur vient à bout de beaucoup de maux physiques et moraux. Tu ne vas tout de même pas te pavaner au village, après avoir subi une telle séance !
-Je n’ai pas l’intention de me pavaner, mais plutôt de rentrer à la maison pour me mettre tout de suite au lit. Lla Sakina m’a conseillé de dormir autant que je le pourrais afin de me reposer et de me préparer à la prochaine et dernière séance.
-Bien. Alors remets-toi de ce massage, puis nous allons rentrer calmement toutes les deux.
Une heure plus tard, elles revinrent à la maison, non sans avoir acheté quelques fruits et des confiseries que Mordjana appréciait. Pour lui faire oublier la scène de Saléha, Mimouna avait préparé de succulentes crêpes au gingembre et au miel, et la jeune femme s’était régalée.

À SUIVRE
 

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

    • Placeholder

    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

  • Chroniques DROIT DE REGARD Trajectoire d’un chroniqueur en… Liberté

    Pour cette édition de clôture, il m’a été demandé de revenir sur ma carrière de chroniqueur dans ce quotidien.

    • Placeholder

    Mustapha HAMMOUCHE Publié 14 Avril 2022 à 12:00

Les plus lus

(*) Période 360 derniers jours

  1. CNR Revalorisation des pensions de retraite

  2. Déclaration d’Issad Rebrab

  3. Louisa Hanoune adresse une lettre ouverte à Issad Rebrab au sujet de Liberté Ne brisez pas cet espoir 

  4. Le sud pleure son porte-voix

  5. FAUTE DE COUFFIN FAMILIAL Voilà de quoi se nourrit Khalida Toumi en prison

  6. MARCHÉ OFFICIEL DES CHANGES Le dinar poursuit sa chute