Des Gens et des Faits 52e partie

“Les sacrifices...”

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Adila KATIA Publié 29 Mars 2022 à 09:15

Résumé : Lisa n’attend pas le lever du jour pour se rendre chez sa mère. Hamid et elle entrent discrètement, ne voulant pas la réveiller et l’affoler. Lisa ne trouve pas sa mère dans sa chambre, mais dans celle de son frère, avec son portrait sur le bras. Elle découvre que sa mère a une paralysie faciale. Son rêve ne l’avait pas trompée.

Au petit matin, ils l’emmènent chez le neurologue. Il passe plusieurs examens à Maya qui attend beaucoup de cette visite. Quand elle s’est regardée dans la glace de la salle de bains, elle a eu un choc. Elle ne s’est pas reconnue dans ses traits figés et tirés vers le bas. Elle a mal quand elle tente d’ouvrir la bouche. Son œil droit ne ferme pas. Elle a mal aux paupières. Elle garde un mouchoir pour essuyer le coin de sa bouche. Tout mouvement est douloureux. 
Elle répond par des hochements de la tête. Le médecin a un sourire rassurant en l’aidant à descendre de la table d’examen. Il prend sa tension. 
-Elle est normale, dit-il. Cette paralysie n’est pas due à une hypertension ou à un AVC. Avez-vous pris un bain hier soir ?
Maya hoche la tête.
-Êtes-vous sortie dehors juste après ? Vous êtes-vous exposée au froid après ? Avez-vous fouillé votre congélateur ? l’interroge-t-il. 
-Oui.
-Votre paralysie est due au froid, conclut le neurologue. Je vais vous donner un traitement. D’ici quelques jours, tout rentrera dans l’ordre !
-Incha Allah, dit Lisa, regardant sa mère avec des larmes aux yeux. Y a-t-il quelque chose qu’on pourrait faire en plus du traitement ?
-Être patiente… Elle aura des difficultés à s’alimenter ces prochains jours, dit-il avant de leur conseiller : à partir d’aujourd’hui, elle prend des soupes, des compotes. Juste le temps qu’elle se remette... Je ne vais pas vous mentir, vous êtes instruits, la guérison prendra un peu de temps. 
-Elle retrouvera son visage d’avant ?
-Incha Allah ! Mais certains patients récupèrent totalement, d’autres partiellement ! Ce qui compte, c’est que vous n’êtes pas grabataire et dépendante des autres ! 
Cela aurait pu être plus grave. Vous auriez pu avoir un AVC ! Beaucoup se retrouvent avec des handicaps ! Votre cas, grâce à Dieu, n’est pas grave ! D’ici quelque temps, ce sera un mauvais souvenir ! Mais vous devrez être patiente… Je vous ai prescrit des gouttes pour vos yeux, un traitement qui devrait vous aider à vite récupérer ! Je vous conseille d’aller voir un kinésithérapeute. Le massage aide à récupérer. Vous pouvez faitre certains exercices chez vous, devant une glace.Vous comprenez ?
-Oui, répond Maya qui aurait voulu avoir une autre maladie moins apparente. 
-Je reste à votre disposition !
-Docteur, c’est un miracle qu’elle ait accepté de venir ! Elle ne voulait pas sortir de la maison ! Elle m’avait écrit sur une feuille des médicaments à acheter ! Elle était pharmacienne… Mais je tenais à ce qu’elle soit examinée par un spécialiste.  
-Vous avez bien fait. On se revoit dans deux semaines… Lisa aide sa mère à mettre son foulard. Elle s’appuie contre elle pour quitter le cabinet. Elle garde la tête baissée, voulant éviter le regard des passants. Hamid les ramène en voiture et les dépose devant l’entrée du bâtiment. Il part chercher le traitement prescrit par le neurologue. Elles montent silencieusement les escaliers. Mais leur voisine et amie Ghalia les avait aperçues depuis la fenêtre. Elle les attend sur le palier. Maya n’a pas l’habitude de sortir tôt, et le fait que Lisa l’accompagne alors qu’elle devrait être au laboratoire l’inquiète.
-Que se passe-t-il ma chère ?
-Maman était souffrante et on l’a emmenée chez le neurologue, répond-elle tout en ouvrant rapidement la porte d’entrée. 
-Maya, ma chère, mais que t’est-il arrivé ?
-Ma tante, entrons à la maison. Elle a des difficultés pour parler. Je vais t’expliquer ce qui lui est arrivé. 
Une fois à l’intérieur, Maya n’enlève pas son foulard qui dissimule une partie de son visage. 
-Ne me dis pas que tu as honte ! Mais ça peut arriver à n’importe qui d’avoir une paralysie ! lui reproche Ghalia. Ce n’est pas parce que tu es malade que tu vas t’isoler ! Tu comptes tant pour moi ! J’ai de la peine pour toi, pas de la pitié !
-Je ne la laisserai pas seule ! À partir d’aujourd’hui, je réintègre ma chambre ! décide Lisa. Je prendrai même un congé pour m’occuper d’elle.

 


à suivre

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