Des Gens et des Faits 55e partie

“LES SACRIFICES...”

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Adila KATIA Publié 03 Avril 2022 à 12:00

Résumé : Lisa a pris un congé pour s’occuper de sa mère. Elle ne veut pas la laisser seule. Elle lui parle beaucoup, quémandant son avis uniquement pour la faire parler. Mais sa mère souffre de son nouveau visage. Elle s’isole quand elle peut dans sa chambre, refusant d’être vue et prise en pitié. Lorsque sa belle-mère vient et ose entrer dans la pièce, Lisa intervient, au risque de provoquer une crise…

Lila retourne au salon, scandalisée par le fait d’avoir été empêchée de pénétrer dans la chambre. Elle prend son sac et son foulard, prête à partir. Elle s’adresse à son mari et à sa fille.
- Elle m’a mise à la porte comme une malpropre alors que je suis venue voir sa mère !
Elle ne m’a pas laissé l’approcher !
- Yemma… Elle risque d’avoir un pic de tension !, réplique la jeune femme. Être tirée de la sorte de son sommeil, ce n’est bon pour personne ! Elle est dans cet état depuis quelques jours ! Dès qu’elle ira mieux, elle pourra recevoir n’importe quand ! Il faut être compréhensif ! Yemma, ma mère souffre… Sans les calmants, je crains qu’elle ne fasse une dépression !
- Nous sommes venus pour lui remonter le moral !
- Elle dort, dit el-hadj. On aurait dû appeler avant ! Elle est malade, c’est compréhensif qu’elle prenne un calmant ! Elle n’est pas en état d’être réveillée et de nous recevoir dans sa chambre ! Imagine comment tu réagirais si tu étais sous calmant ?
-On part maintenant ! s’écrie Lila alors que son mari prenait place, se mettant à l’aise, avant de demander à Lisa. Je prendrais bien un café…
- Je t’ai dit qu’on partait maintenant !
-Tu peux descendre et m’attendre en bas, répond-il. Je ne partirai pas avant d’avoir pris un café !
Lila sort en claquant la porte d’entrée. Lisa regarde sa belle-sœur, se demandant si elle allait suivre sa mère ou rester. Elle est partagée entre l’envie de rester et celui de rejoindre sa mère, car elle doit craindre sa colère.
Elle ne tente pas de la retenir.
-Revenez une autre fois, la prie-t-elle. Explique-lui que je ne voulais pas être désagréable ! C’est gentil d’être venus la voir…
- Elle ne comprendra jamais…
Je lui souhaite de vite guérir, bechfa
aliha…
Elle part sans se retourner. Lisa ferme la porte, va à la cuisine préparer du café pour son beau-père. Il la surprend en l’y rejoignant.
- Ma fille, il ne faut pas t’en faire ! El-hadja a toujours été difficile à vivre ! Dans le fond, elle ne s’efforce pas d’être sociable, car si elle le voulait, elle rendrait la vie plus facile à vivre aux autres ! Le café est prêt. Lisa et son beau-père le prennent dans la cuisine. La dernière gorgée avalée, il se lève pour partir.
- On reviendra ma fille ! promet-il. Passe le bonjour à Hamid !
- Je n’y manquerai pas…
Elle le regarde partir, descendre les escaliers et s’apprête à rentrer quand elle aperçoit son mari. Elle peut le voir embrasser son père, échanger des nouvelles avec lui. Elle attend qu’ils se séparent et que Hamid monte. Quand il redresse la tête, elle voit son visage rouge de contrariété et de colère contenue. C’est à peine s’il la salue.
-En voilà des manières, susurre-t-elle en le suivant à l’intérieur, fermant la porte sèchement. Tu es bien le fils de ta mère. Tu as hérité de quelques traits de son caractère. Il suffit qu’elle vienne une minute pour tout gâcher. Elle est pire qu’une tornade. Je comprends pourquoi les Américains donnent des prénoms de femme aux tornades qui frappent l’été ! Qu’est-ce qu’elle t’a dit? l’interroge-t-elle. Qu’est-ce qu’elle me reproche cette fois ? Hamid la toise du regard avant d’éclater.
- Ma mère est, certes, insupportable mais tu n’as pas à vivre avec elle ! Tu pourrais faire un effort ! On lui reproche beaucoup de choses à cause de son mauvais caractère, dit-il, au point d’oublier qu’on lui doit respect malgré tout ! Je ne te demande pas l’impossible ! On la voit rarement ! On vit avec ta mère ! C’est vrai, elle est géniale, mais n’abuse pas ! Moi aussi, j’ai ma mère ! Elle a fait le déplacement dès qu’elle a su ! Ce n’est pas bien ce que tu as fait ! Tu dépasses les bornes ! Et il ressort comme il est rentré, tel un courant d’air. Lisa est si surprise qu’elle n’a pas pu en placer une. Quand elle croise le regard figé de sa mère, elle sent son cœur manquer un battement.

À SUIVRE

  • Editorial Un air de "LIBERTÉ" s’en va

    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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    Abrous OUTOUDERT Publié 14 Avril 2022 à 12:00

  • Chroniques DROIT DE REGARD Trajectoire d’un chroniqueur en… Liberté

    Pour cette édition de clôture, il m’a été demandé de revenir sur ma carrière de chroniqueur dans ce quotidien.

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    Mustapha HAMMOUCHE Publié 14 Avril 2022 à 12:00

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