Dossier Faiblesse des paiements électroniques et difficulté à imposer le chèque

L’état peine à bancariser l’informel

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Ali TITOUCHE Publié 28 Mars 2021 à 08:59

Les propos du ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, au sujet de la manière avec laquelle l’État doit affronter l’informel, ne font pas l’unanimité. Pendant que le ministre plaide pour une approche plutôt accommodante, privilégiant “l’adhésion volontaire” de la population évoluant dans les circuits invisibles de l’économie, des experts appellent plutôt à encourager l’utilisation de la monnaie scripturale via le chèque et la numérisation des moyens de paiements. 

Sur l’hypothèse de rendre obligatoire l’usage du chèque pour mettre fin à l’économie du cash, Aymen Benabderrahmane, intervenant lundi dernier sur les ondes de la Radio algérienne, a estimé que cette option “est une alternative et qu’au niveau de son département, toutes les pistes et toutes les possibilités sont à l’étude” sans pour autant trancher la question. Un banquier de la place estime que le gouvernement et la Banque d’Algérie doivent proposer des solutions pratiques pour aider à la formalisation des activités informelles. En commençant, selon lui, par la réduction du poids de la pression fiscale et des charges sociales, particulièrement sur les PME/TPE.

Partant du principe que l’élargissement de l’assiette fiscale nécessite la réduction des taux d’imposition et que cela permet d'accroître les revenus collectés par un effet d’échelle. “Cela s’accompagne aussi par une utilisation responsable et durable des fonds collectés pour offrir des services publics et des infrastructures de qualité”, estime notre interlocuteur. 

Le sujet de la finance islamique alimente également le débat, et certains se positionnent en faveur du développement de la finance non conventionnelle, pendant que d’autres considèrent que l’argent de l’informel n’a pas d’odeur, voire de religion. Notre interlocuteur estime que le développement de la finance islamique est “un élément important pour bancariser les Algériens qui ont choisi de ne pas utiliser les banques conventionnelles.

Il permettra ainsi de les intégrer et de capter leur épargne thésaurisée en dehors du circuit bancaire”. Mais l’alternative de la finance islamique est loin de faire l’unanimité. Car il est crucial d’aller au-delà des palliatifs en proposant des solutions d’investissement pour l’épargne des ménages et des entreprises, ce qui fait gravement défaut en Algérie, vu le manque de profondeur du secteur financier.

La solution structurelle ne peut provenir que d’une vision de long terme pour le développement durable du secteur bancaire et financier. Sa mise en œuvre doit être en adéquation avec l’ensemble des politiques publiques qui lui sont liées.  Du reste, la problématique de l’argent qui alimente l’économie informelle est plus complexe car il s’agit de capitaux acquis en dehors du cadre réglementaire et leurs détenteurs ne sont pas disposés à se dévoiler en dépit des multiples avantages qui leur sont accordés.

La dernière opération en date, appelée “mise en conformité fiscale volontaire”, s’est soldée par un échec cuisant. Il est illusoire de croire que la bancarisation de cette richesse monétaire passe par des solutions techniques. “La sortie de cette impasse requiert une volonté politique ferme et des réformes économiques profondes qui entraîneraient le tarissement des sources qui alimentent l’économie informelle”, estime l’économiste et expert financier, Farouk Nemouchi. 

 


A. T.

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    Aujourd’hui, vous avez entre les mains le numéro 9050 de votre quotidien Liberté. C’est, malheureusement, le dernier. Après trente ans, Liberté disparaît du paysage médiatique algérien. Des milliers de foyers en seront privés, ainsi que les institutions dont les responsables avouent commencer la lecture par notre titre pour une simple raison ; c’est qu’il est différent des autres.

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