Économie Déclin des résultats du secteur de la téléphonie mobile

La banque digitale pour retrouver du tonus

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Ali TITOUCHE Publié 14 Mars 2022 à 10:13

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Le cabinet de consulting financier Finabi estime que le retour en zone de confort du secteur de la téléphonie est subordonné à une diversification de ses activités.

Face à l’érosion persistante de la profitabilité du secteur de la téléphonie mobile, Finabi Conseil suggère aux trois opérateurs Mobilis, Ooredoo et Djezzy de “se diversifier en urgence” pour pouvoir “se régénérer”. En guise de solution à un modèle économique qui “s’essouffle” et une activité dont le chiffre d’affaires est en baisse constante, Finabi Conseil recommande aux trois opérateurs de téléphonie mobile de se tourner vers d’autres segments, dont la banque digitale. Il ne s’agit pas de changer son fusil d’épaule, mais de se diversifier en lançant des solutions digitales de nature à rafraîchir la profitabilité des opérateurs et à enrayer la stagnation, voire le déclin du secteur de la téléphonie mobile.

Chiffres à l’appui, Finabi Conseil fait constater que le chiffre d’affaires du secteur en 2020 a été de 279 milliards de dinars. En 2015, il était de 331 milliards de dinars, marquant ainsi une décroissance de 16%. “Pire, le chiffre d’affaires mensuel par abonné est passé de 637,84 DA en 2015 à 510,38 DA, soit une perte de 20%, malgré une augmentation du parc de 5% (43,22 millions d’abonnés en 2015 versus 45,55 millions d’abonnés en 2020)”, note Finabi Conseil, qui souligne que cette décroissance s’explique essentiellement par une concurrence acharnée entre les trois opérateurs.

Source d’importantes pertes de profit, cette forte concurrence a fait fondre comme neige au soleil le chiffre d’affaires mensuel par abonné des trois opérateurs. Exemple : pour rester concurrentiel, l’opérateur Ooredoo a perdu 100 DA de chiffre d’affaires mensuel par abonné en 2018, note Finabi Conseil. Ce cabinet de consulting financier décrit une profitabilité en forte érosion du secteur de la téléphonie mobile ces dernières années.

La part du résultat net dans le chiffre d’affaires est passée, en effet, de 14% en 2015 à 9% en 2020, avec un pic de 19% en 2016 et en 2017, avant de connaître une chute de 9 points en 2018. En revanche, “le coût mensuel par abonné généré par le personnel est passé de 39,40 DA à 48,78 entre 2015 et 2020”, soulignent les analystes de Finabi, qui estiment, cependant, que le coût des services par abonné a été mieux maîtrisé, passant de 245,62 à 208,14 DA.

Inclusion financière
Le coût du service par abonné est jugé particulièrement “excessif” chez l’opérateur public Mobilis, lequel est passé de 311 DA en 2015 à 245,68 DA en 2020. Face à cette situation de hausse des coûts en période de baisse des profits, les opérateurs semblent sérieusement mis en demeure par une profitabilité en forte érosion et une activité qui s’enlise dans la stagnation. Pour relancer la croissance du secteur, Finabi Conseil estime que le retour en zone de confort est subordonné à la diversification, en urgence, de ses activités habituelles.

“L’importance de sa clientèle (45,55 millions d’abonnés en 2020), son réseau commercial et sa maîtrise de la technologie sont des atouts pour digitaliser le secteur bancaire algérien”, suggère le cabinet de conseil financier. Il s’agit donc, pour les trois opérateurs, de sortir de leur métier traditionnel pour tester les pistes de la banque digitale. “L’opérateur télécom français Orange est en train de changer les comportements et d’améliorer la bancarisation et l’inclusion financière en Afrique depuis dix ans via son offre Orange Money qui permet à plus de 60 millions de personnes exclues du système financier traditionnel d’effectuer des transactions financières de manière instantanée, sécurisée et fiable.

Ces services sont offerts dans plus de 380 000 points de vente sur le continent africain”, explique Finabi. Ses analystes croient dur comme fer que la création de banques digitales par les trois opérateurs de téléphonie mobile “permettra d’améliorer leurs activités et profitabilités moribondes”. Cette solution entraînera un “effet levier sur la bancarisation et l’inclusion financière”. Selon les calculs de Finabi, si chaque abonné injectait annuellement 50 000 DA de ses ressources dans l’accès aux services bancaires digitalisés, le secteur financier capterait 2 200 milliards de dinars de liquidité.    

 


Ali Titouche

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